Trois marins indiens tués dans une frappe américaine
Les trois marins indiens portés disparus après une attaque américaine contre un pétrolier dans le golfe d'Oman ont été retrouvés morts, a annoncé le gouvernement indien jeudi 11 juin. Il s'agit des premiers marins marchands tués depuis le début du blocus imposé en avril par Washington contre les navires liés à l'Iran. Les faits se sont déroulés mercredi, lorsque des unités américaines ont visé le pétrolier Settebello, qui aurait, selon le commandement central des États-Unis, violé le blocus et refusé d'obéir aux injonctions.
L'armée omanaise a lancé des opérations de sauvetage pour évacuer les équipages des navires endommagés. Les trois marins décédés faisaient partie de l'équipage du Settebello, tous de nationalité indienne. Leurs corps ont été récupérés jeudi.
Une troisième frappe en une semaine
Les forces américaines ont de nouveau frappé un navire commercial dans le golfe d'Oman jeudi, portant à trois le nombre d'attaques en une semaine. Après le Settebello et le Marivex, touché lundi, c'est le pétrolier Jalveer qui a été la cible d'une intervention militaire américaine. Vingt marins indiens qui se trouvaient à bord du Jalveer ont été secourus par les autorités omanaises. Le commandement central américain a justifié ces frappes en affirmant que les navires visés avaient tous violé le blocus maritime imposé par les États-Unis dans le cadre de leur campagne contre le transport pétrolier iranien.
Selon le Pentagone, neuf navires en infraction ont été « mis hors d'usage » depuis l'entrée en vigueur du blocus en avril.
Protestation diplomatique indienne
New Delhi a réagi fermement à la mort des trois marins. Le ministère indien des Affaires étrangères a convoqué mercredi soir Jason Meeks, chef adjoint de la mission américaine en Inde, pour déposer une protestation officielle après la frappe contre le Settebello. Parvathaneni Harish, le représentant permanent de l'Inde auprès des Nations unies, a déclaré devant le Conseil de sécurité que son pays était « fermement opposé aux attaques contre la marine marchande, car nombre de nos ressortissants occupent une place importante dans sa main-d'œuvre mondiale ». Il a également souligné que les perturbations au Moyen-Orient avaient « des conséquences graves pour l'économie indienne ».
L'Inde fournit environ 12 % des effectifs mondiaux de la marine marchande, soit près de 300 000 personnes, selon les chiffres officiels. Cette présence massive expose régulièrement les citoyens indiens aux risques des conflits en zone maritime.
Contexte géopolitique tendu
Ces frappes s'inscrivent dans le cadre du blocus américain des navires soupçonnés de transporter du pétrole iranien, mesure renforcée depuis avril. L'administration américaine justifie cette politique par la nécessité de faire pression sur Téhéran, alors que les négociations sur un accord de paix avec l'Iran se heurtent à des obstacles. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part majeure du pétrole mondial, demeure une zone de tension. L'escalade militaire récente intervient alors que des discussions diplomatiques se poursuivent, créant un paradoxe entre les avancées supposées et les actions sur le terrain.
Les autorités indiennes n'ont pas annoncé de mesures de rétorsion, mais la convocation du diplomate américain et les déclarations devant l'ONU traduisent une préoccupation croissante. New Delhi suit de près l'évolution de la situation, alors que ses ressortissants restent exposés dans une zone où les frappes se multiplient.