Un pétrolier battant pavillon palauéen a été pris pour cible par les forces américaines dans le golfe d'Oman, faisant trois morts parmi les marins indiens à bord. Le gouvernement de New Delhi a immédiatement réagi en convoquant le chef adjoint de l'ambassade des États-Unis et en annonçant le rapatriement prochain des corps.

Le navire, le MT Settebello, transportait 24 membres d'équipage indiens lorsque le Commandement central des États-Unis (Centcom) a ordonné une frappe « de précision » sur la salle des machines. Selon un message publié par le Centcom, l'attaque a été menée par un aéronef après que l'équipage eut « échoué à plusieurs reprises » à obtempérer aux injonctions des navires américains. Vingt et un marins ont pu être secourus.

New Delhi somme Washington de s'expliquer

Dans un message sur le réseau social X, le ministre indien de la Marine marchande, Sarbananda Sonowal, a qualifié l'événement de « profondément malheureux » et a assuré que les dépouilles des trois victimes seraient rapidement rapatriées. Le gouvernement indien a par ailleurs convoqué le chef adjoint de la mission diplomatique américaine pour demander des comptes. Les autorités indiennes ont réitéré leur position selon laquelle « le ciblage de navires commerciaux et d'infrastructures civiles dans la région doit cesser ».

Une semaine noire pour les équipages indiens

Cette frappe est la deuxième en trois jours visant un navire transportant des marins indiens. Lundi, les forces américaines avaient déjà pris pour cible un autre pétrolier palauéen, le Marivex, dans les mêmes eaux. Dans ce premier cas, l'ensemble des 24 membres d'équipage avait été secouru par les forces armées omanaises. Le Centcom avait alors justifié cette action par le non-respect des instructions américaines.

Blocus américain et tensions régionales

L'armée américaine justifie ces opérations par le blocus qu'elle impose aux ports iraniens depuis que Téhéran a effectivement fermé le détroit d'Ormuz, voie de transit d'environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole et gaz. Selon le Centcom, depuis le début de ce blocus, le 13 avril, les forces américaines ont neutralisé huit navires et en ont redirigé 134 autres. Le Settebello est accusé d'avoir tenté de transporter du pétrole en provenance d'Iran, en violation de ce blocus.

Questionnements des syndicats maritimes

Le secrétaire général du syndicat Forward Seamen's Union of India (FSUI), Manoj Yadav, a exprimé son incrédulité face à l'absence d'information des autorités américaines sur la nationalité des marins embarqués. « Je refuse de croire que les États-Unis ne savaient pas qui se trouvait à bord », a-t-il déclaré, ajoutant que « si les navires ne respectaient pas les instructions, les arraisonner était une alternative envisageable ». Le syndicat a immédiatement contacté les familles des victimes pour les informer du drame.

Escalade militaire entre les États-Unis et l'Iran

Ces frappes interviennent dans un contexte de très forte tension entre Washington et Téhéran. Les deux pays ont échangé des frappes pour un deuxième jour consécutif, compromettant le cessez-le-feu fragile conclu en avril. Mercredi, le président américain Donald Trump a menacé de frapper « durement » l'Iran, accusant Téhéran de traîner pour signer un accord de paix et de « prendre les Américains pour des imbéciles ».

Le conflit a débuté le 28 février, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l'Iran, tuant le guide suprême iranien. L'Iran a riposté en attaquant Israël et des États alliés des États-Unis dans le Golfe. Les combats se sont rapidement étendus à l'ensemble de la région, le Liban ayant été entraîné dans le conflit en mars.