Trois combattants du Front Polisario, dont un haut responsable politique et militaire, ont été tués le dimanche 7 juin alors qu’ils participaient à une offensive contre le dispositif de défense marocain au Sahara occidental, a annoncé le mouvement indépendantiste.
La principale victime est Lehbib Mohamed Abdelaziz, membre du Secrétariat national du Polisario et chef de la première brigade de réserve. Il était âgé de 37 ans. L’organisation l’a présenté comme « tombé au champ d’honneur » dans un communiqué diffusé par l’agence de presse sahraouie SPS.
Fils d’une figure emblématique
Lehbib Mohamed Abdelaziz était le fils de Mohamed Abdelaziz, le dirigeant historique du Polisario et président autoproclamé de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) de 1976 jusqu’à son décès en 2016. Né en 1989 dans les camps de réfugiés de Tindouf, en Algérie, il avait gravi les échelons de l’appareil militaire et politique du mouvement, avant d’être nommé à la tête de la première brigade de réserve en 2024 et élu la même année au Secrétariat national.
Le Polisario a proclamé trois jours de deuil national à compter du soir du 7 juin, sans révéler l’identité des deux autres victimes.
Opération contre le mur des Sables
L’action militaire s’est déroulée contre le « mur des Sables », une immense structure fortifiée longue de 2 700 kilomètres, érigée par le Maroc entre 1980 et 1987 pour empêcher les incursions des indépendantistes. Plusieurs médias espagnols ont évoqué une frappe de drones attribuée au Maroc contre une zone située à l’est de ce mur, mais le Polisario n’a officiellement confirmé ni l’usage de drones ni l’implication directe de Rabat.
Le conflit qui oppose le Maroc au Front Polisario au sujet du Sahara occidental dure depuis cinquante ans. Ce vaste territoire désertique, riche en phosphates et bordé d’eaux poissonneuses, était une colonie espagnole jusqu’en 1975. Il est aujourd’hui contrôlé en majeure partie par Rabat, mais les Nations unies le considèrent toujours comme un territoire non autonome.
Reprise des hostilités et nouvelles négociations
Après près de trente ans de cessez-le-feu, le Polisario a repris la lutte armée en novembre 2020. Depuis, les accrochages le long du mur de défense sont fréquents.
Parallèlement, des efforts diplomatiques se poursuivent. En octobre 2025, sous l’impulsion des États-Unis, le Conseil de sécurité de l’ONU a qualifié le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine de solution « la plus réalisable » pour résoudre le différend. Depuis le début de l’année 2026, trois sessions de négociations ont été organisées par l’ONU et Washington, réunissant des représentants du Maroc, du Polisario, de l’Algérie et de la Mauritanie.
Le lundi 8 juin, l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies, Staffan de Mistura, a rencontré dans les camps de réfugiés le chef de la diplomatie sahraouie, Mohamed Yeslem Beissat, selon l’agence SPS.