Le gouvernement chinois a mis en œuvre au 1er janvier 2026 une réglementation inédite au niveau mondial : une norme d'efficacité énergétique obligatoire pour les véhicules électriques, sanctionnée par l'interdiction de produire, vendre ou immatriculer les modèles non conformes. Cette décision répond à une dérive constatée depuis plusieurs années : le poids et les dimensions des voitures électriques augmentent de façon significative, au point de poser des problèmes concrets d'infrastructure.

Un tiers de poids supplémentaire en douze ans

Selon des données diffusées par la télévision d'État CCTV, le poids moyen d'une voiture particulière en Chine a atteint 1 704 kilogrammes en 2024, soit environ un tiers de plus qu'en 2012. La largeur de certains SUV, mesurée à 2,3 mètres, entre en conflit direct avec les places de parking standard, conçues sur une norme de 2,4 mètres. Il ne reste alors que cinq centimètres de dégagement de chaque côté du véhicule, rendant l'ouverture des portières particulièrement malaisée.

Cette inflation pondérale est directement liée à la course à l'autonomie. Les batteries, dont la capacité peut désormais tutoyer les 1 000 kilomètres avec des accumulateurs pesant jusqu'à 800 kilogrammes, alourdissent considérablement les véhicules. À cela s'ajoute une multiplication des équipements de confort et des technologies embarquées, qui contribue à l'augmentation de la masse.

Une norme contraignante : 15,1 kWh aux 100 kilomètres

La norme chinoise fixe un plafond de consommation de 15,1 kilowattheures aux 100 kilomètres pour les modèles pesant deux tonnes, selon le cycle CLTC (China Light-Duty Vehicle Test Cycle). Ce seuil est resserré d'environ 11 % par rapport aux recommandations précédentes et s'applique de manière graduée selon le poids du véhicule. L'objectif est d'inciter les constructeurs à optimiser l'efficacité énergétique — via l'aérodynamique, les matériaux ou la gestion thermique — plutôt que d'augmenter mécaniquement la capacité des batteries pour gagner en autonomie.

Les constructeurs qui ne respectent pas cette norme se voient bloquer la production, la vente et l'immatriculation de leurs véhicules. L'impact attendu est un gain d'autonomie moyen d'environ 7 % pour les voitures conformes, obtenu sans ajout de kilowattheures.

La Chine a produit 16 millions de véhicules électriques en 2025, selon l'Agence internationale de l'énergie, et ses exportations progressent rapidement, notamment vers l'Europe.

En France, le malus au poids pour les électriques écarté

La situation est différente en France. Le malus au poids, qui existe depuis 2022, frappe les véhicules particuliers dont la masse en ordre de marche dépasse un certain seuil. Depuis le 1er janvier 2026, les véhicules thermiques et hybrides de plus de 1 500 kilogrammes sont concernés (contre 1 600 kilogrammes auparavant). Les voitures électriques en étaient jusqu'ici exemptées, en raison du poids supplémentaire imposé par leurs batteries.

Le projet de loi de finances 2026 prévoyait d'étendre ce dispositif aux véhicules électriques les plus lourds à partir du 1er juillet 2026, avec un abattement de 600 kilogrammes. Selon un amendement déposé à l'Assemblée nationale, le seuil retenu n'aurait exonéré que 35 % des véhicules électriques commercialisés en France, les 65 % restants étant soumis à la taxe.

Face à la mobilisation de la filière automobile française — représentée notamment par la Plateforme automobile (PFA), le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), Renault et Stellantis —, un amendement de suppression de cette extension a été adopté en commission, enterrant le projet.