Le président Donald Trump a officiellement admis que le Boeing 747-8 offert par le Qatar, qui sert actuellement d’Air Force One, ne possède pas le blindage et les systèmes défensifs d’un avion présidentiel classique. Cette déclaration intervient alors que l’appareil, d’une valeur de 400 millions de dollars, fait l’objet d’un examen minutieux quant à son aptitude à protéger le président et ses passagers.
Trump s’est exprimé dimanche à son retour à Washington, après un déplacement au MetLife Stadium dans le New Jersey, où il a remis le trophée de la Coupe du monde à l’Espagne aux côtés de Gianni Infantino, président de la Fifa, à l’issue de la finale. Interrogé par des journalistes, le chef de l’État a reconnu que l’aéronef ne pouvait pas égaler le niveau de défense d’un véritable Air Force One.
« Nous allons bientôt le mettre au sol pour que les ingénieurs puissent le maximaliser avec les protections qu’il n’a jamais eues », a déclaré le président, sans donner de détails précis sur les équipements qui seront ajoutés. Il a toutefois assuré que l’avion serait « équipé au maximum » des dispositifs de sécurité appropriés.
L’appareil, un Boeing 747-8 offert par l’émirat, sert de solution temporaire en attendant la livraison des nouveaux Air Force One commandés à Boeing. Sa capacité à assurer la sécurité du président avait été remise en question, notamment en raison de l’absence de contre-mesures électroniques, de blindage renforcé et de systèmes de communication protégés contre les cyberattaques.
Des sources proches du dossier indiquent que les travaux de modernisation devraient débuter dans les mois à venir. L’avion sera retiré du service pour une durée non précisée, afin d’intégrer les équipements de défense jugés indispensables pour un vol présidentiel. Aucun calendrier exact n’a été communiqué, mais Trump a évoqué une intervention « avant la fin de l’année ».
Ce constat intervient dans un contexte où les voyages présidentiels sont scrutés de près. Les anciens appareils Air Force One, des Boeing 747-200 modifiés, étaient équipés de systèmes de guerre électronique, de leurres antimissiles et d’un blindage lourd. Le Qatari-donated jet, lui, a été conçu comme un avion de ligne standard, sans ces protections.
L’administration américaine n’a pas précisé si des fonds supplémentaires seraient nécessaires pour ces modifications. Le coût initial de l’appareil, 400 millions de dollars, avait déjà suscité des débats au Congrès. Certains élus s’étaient interrogés sur la légalité et l’opportunité d’accepter un tel don d’un État étranger.
Le Pentagone et la Maison-Blanche n’ont pas commenté officiellement la déclaration de Trump. Toutefois, des experts en sécurité aérienne estiment que les modifications pourraient prendre plusieurs mois et nécessiter une immobilisation prolongée de l’avion. En attendant, Trump continue d’utiliser l’appareil, notamment pour ses déplacements intérieurs.
Cette annonce marque une première reconnaissance officielle des limites de l’avion offert par Doha. Jusqu’alors, la présidence minimisait les critiques sur l’équipement. Le geste du Qatar, perçu comme un soutien diplomatique, avait été salué par Trump, mais les questions de sécurité persistent.
Air Force One est un symbole de la puissance américaine, et tout compromis sur sa sécurité est sensible. La décision de « maximaliser » l’appareil intervient alors que les menaces contre les hauts responsables se multiplient. Les services secrets américains avaient déjà exprimé des réserves sur l’utilisation de cet avion non blindé.