Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré vendredi 6 juin que l'Iran ne disposerait plus que de 21 à 22 % de ses missiles, selon des propos rapportés à l'issue d'un entretien accordé à une chaîne de télévision américaine. Cette évaluation intervient après plus de trois mois d'opérations militaires américaines contre la République islamique, un conflit qui semble s'enliser alors que les pourparlers de paix piétinent.

« Ils ont quelques missiles, ils ont quelques drones. Je dirais en pourcentage peut-être 21, 22 % de leurs missiles. C'est beaucoup de missiles, mais ce n'est pas ce que c'était lorsque nous avons lancé notre première attaque », a affirmé le chef de l'État américain dans un extrait diffusé en amont de la diffusion intégrale de l'interview, prévue dimanche. Il a toutefois reconnu que cette proportion représente encore un nombre important d'engins.

Cette estimation marque une révision à la hausse par rapport à ses précédentes déclarations : début mai, Donald Trump avançait qu'il restait à Téhéran « 18 à 19 % » de son stock initial de projectiles. Le président s'est félicité des destructions opérées par les forces américaines, évoquant la mise hors service de « la plupart des usines de drones, la plupart des rampes de lancement et la plupart des sites de fabrication de missiles ».

Escarmouches en mer d'Oman

Ces nouvelles déclarations surviennent alors que les tensions restent vives dans la région. L'Iran a affirmé vendredi avoir tiré des « missiles d'avertissement » en direction de deux navires militaires américains naviguant en mer d'Oman. Les autorités américaines ont quant à elles démenti cette information. Ces incidents font suite à plusieurs accrochages survenus dans le Golfe au cours de la semaine.

Le Koweït a pour sa part dénoncé une « escalade dangereuse » après que de nouvelles frappes iraniennes ont été signalées dans le secteur du Golfe, selon des informations concordantes. La situation diplomatique demeure bloquée : les négociations de paix, entamées il y a cinq semaines, n'ont pour l'heure abouti à aucune avancée significative.

Un conflit aux multiples dimensions

La guerre au Moyen-Orient, déclenchée par une vaste campagne de frappes américaines contre l'Iran au début de l'année 2026, a considérablement dégradé les capacités militaires de Téhéran. L'arsenal iranien comprenait à l'origine une large gamme de missiles balistiques, d'une portée variant de 300 à 3 000 kilomètres. Les États-Unis affirment avoir également ciblé les infrastructures de production et de lancement, réduisant la capacité de projection de la République islamique.

Donald Trump, qui s'était fixé pour objectif stratégique de neutraliser la menace balistique iranienne, a réitéré son intention de ne pas relâcher la pression militaire tant que des garanties solides n'auront pas été obtenues. Les nouvelles estimations fournies par la Maison-Blanche suggèrent toutefois que l'essentiel des destructions annoncées a déjà été accompli, laissant entrevoir un possible réexamen de la stratégie américaine dans les semaines à venir.

Réactions internationales partagées

Sur la scène internationale, les évaluations américaines sont accueillies avec prudence. Plusieurs pays du Golfe, directement exposés aux retombées du conflit, ont appelé à une désescalade immédiate. Le Koweït, en particulier, a mis en garde contre les risques d'embrasement régional après les dernières frappes attribuées à l'Iran. Aucune confirmation indépendante des chiffres avancés par le président Trump n'a pour l'heure été rendue publique, les autorités iraniennes n'ayant pas communiqué sur l'état de leur arsenal.