Une vaste investigation réalisée par le quotidien américain Washington Post et rendue publique le 21 juin 2026 a placé Tulsi Gabbard, ex-directrice du renseignement national, au centre d’une vive polémique. Selon ce travail journalistique, l’ancienne proche de Donald Trump, qui a occupé ce poste de février 2025 à juin 2026, aurait agi sous l’emprise d’une organisation qualifiée de sectaire : la Science of Identity Foundation (SIF).

L’enquête s’appuie notamment sur les témoignages et les documents fournis par Rebecca Saltzburg, une ancienne collaboratrice de Gabbard qui a également été membre de ce groupe. Elle a remis plus de 25 000 pages d’archives internes couvrant la période 2011-2017. Parmi ces pièces figurent des centaines de notes internes détaillant des stratégies politiques et des éléments de langage. Les sources consultées indiquent que Tulsi Gabbard aurait, à plusieurs reprises, repris quasi textuellement les recommandations contenues dans ces documents, que ce soit lors de discours publics, dans des prises de position officielles ou même dans le cadre de propositions de loi. Il est toutefois précisé que ces mémos ne sont pas signés et ne désignent pas explicitement leur auteur.

Des liens anciens avec la Science of Identity Foundation

Les relations entre Tulsi Gabbard et la SIF ne datent pas d’hier. Née à Hawaï, elle a grandi au sein de cette communauté et considérait son fondateur, Chris Butler, comme son mentor spirituel. En 2015, elle a publiquement reconnu ce dernier comme son gourou lors d’une déclaration vidéo diffusée à l’occasion d’un anniversaire de l’Association internationale pour la conscience de Krishna (ISKCON), une organisation à laquelle elle est liée.

L’enquête évoque par ailleurs l’existence d’un dispositif organisé visant à promouvoir l’image de l’ancienne directrice du renseignement et à contrer ses détracteurs sur Internet. Celui-ci reposerait sur l’utilisation de faux comptes en ligne pour amplifier ses positions et défendre sa réputation.

Vives contestations de la part des mis en cause

Face à ces révélations, les intéressés ont réagi avec fermeté. L’entourage de Tulsi Gabbard a dénoncé un article « reposant sur les affirmations d’une ancienne bénévole mécontente ». Il a également estimé que cette mise en cause visait en réalité sa foi hindoue. De son côté, la Science of Identity Foundation a rejeté catégoriquement les conclusions du Washington Post, sans apporter de précisions supplémentaires.

En tant que directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard supervisait la CIA, le FBI et une quinzaine d’agences fédérales. Sa démission, intervenue après quinze mois de mandat, n’a pas été officiellement reliée à cette enquête par les sources disponibles. L’affaire, qui mêle enjeux de sécurité nationale et dérive sectaire présumée, continue d’alimenter les débats outre-Atlantique.