À l'approche du sommet de l'OTAN prévu les 7 et 8 juillet à Ankara, les autorités turques ont intensifié les arrestations et restreint les libertés de rassemblement, suscitant des inquiétudes parmi les défenseurs des droits humains.
Selon des informations de presse, 225 individus ont été appréhendés ces derniers jours dans le cadre d'une vaste opération sécuritaire. Parmi eux, 178 se trouvent toujours en détention provisoire. Les personnes arrêtées incluent des militants des droits humains, des écologistes et des journalistes.
Une répression justifiée par la lutte antiterroriste
Les procureurs turcs ont justifié cette vague d'arrestations par des enquêtes en cours visant des organisations terroristes. L'objectif affiché est de démanteler leurs activités sur l'ensemble du territoire turc.
Parmi les figures notables arrêtées figurent Nevzat Ozer, représentant de la Fondation TEMA (défense de l'environnement) à Ankara, l'économiste Emel Memis Parmaksiz, et Yildiz Tar, journaliste de profession.
Une interdiction de manifester dans la capitale
Parallèlement, une interdiction stricte de tout rassemblement public a été imposée pour une durée de deux semaines dans la ville d'Ankara. Cette mesure vise à prévenir toute contestation pendant le sommet, qui réunira les chefs d'État et de gouvernement des pays membres de l'Alliance atlantique.
Un sommet sous haute tension
Le sommet de l'OTAN se tient dans un climat de tensions internationales, alimenté notamment par les déclarations du président américain Donald Trump, critique envers l'alliance transatlantique. La rencontre revêt une importance particulière pour la Turquie, qui dispose de la deuxième armée de l'OTAN et occupe une position stratégique sur le flanc sud-est de l'Alliance.
Ce sommet marque également la première visite d'un président américain en exercice en Turquie depuis le passage de Barack Obama en 2009.
Des précédents inquiétants
Cette vague d'arrestations n'est pas un cas isolé. Début juin, 357 suspects avaient déjà été interpellés après des affrontements avec des groupes se réclamant de l'État islamique. Les autorités avaient alors invoqué les mêmes motifs de sécurité nationale.