Un regain territorial inédit depuis plus de deux ans

Les forces ukrainiennes ont enregistré au mois de mai une reprise nette de terrain face à l'armée russe, pour le deuxième mois consécutif. Selon les bilans disponibles, Kiev a reconquis 282 kilomètres carrés sur la période, après avoir déjà regagné 116 km² en avril. Cette évolution marque un tournant dans le conflit : depuis octobre 2023, les troupes de Moscou grignotaient mois après mois des portions du territoire ukrainien. L'inversion de tendance observée en avril – la première depuis le début de l'invasion à grande échelle – se confirme donc avec une ampleur accrue.

Des gains modestes mais symboliques

Si ces superficies restent limitées au regard de l'ensemble des zones occupées (environ un cinquième du pays), elles n'en sont pas moins significatives sur le plan stratégique. Les 282 km² repris en mai représentent plus du double du gain d'avril, ce qui suggère un renforcement de la capacité ukrainienne à contenir, voire repousser, les assauts russes sur certains segments du front. Les autorités ukrainiennes n'ont pas détaillé les secteurs précis de ces reconquêtes, mais les observateurs s'accordent à y voir le résultat d'une combinaison de facteurs.

Le rôle des drones dans le ralentissement russe

Parmi les éléments mis en avant, l'efficacité croissante des frappes de drones ukrainiens apparaît comme un facteur clé. Ces engins, utilisés de manière intensive, perturbent les chaînes logistiques des forces russes, limitant leur capacité à approvisionner les unités en première ligne et à consolider leurs positions. Ce harcèlement constant ralentit les offensives de Moscou et offre des opportunités de contre-attaques aux troupes de Kiev. Les pertes en matériel et en hommes côté russe, bien que non confirmées de source indépendante, seraient également en augmentation.

Un contexte de guerre d'usure qui persiste

Malgré cette embellie sur le terrain, la situation reste marquée par une guerre d'usure où aucun des deux camps ne parvient à un avantage décisif. Les forces russes conservent l'initiative dans l'est et le sud du pays, avec des bombardements intensifs sur les infrastructures civiles et militaires. L'Ukraine, de son côté, mise sur sa résilience et l'adaptation de ses tactiques, notamment l'emploi massif de drones et l'amélioration de la coordination avec ses appuis occidentaux. Ces deux mois de gains territoriaux, s'ils ne changent pas radicalement le rapport de forces, redonnent un souffle aux défenseurs et démontrent leur capacité à inverser ponctuellement la dynamique.