Une nouvelle action en justice ébranle l'écosystème d'Elon Musk. Un ancien ingénieur de la société xAI, filiale de SpaceX, a porté plainte devant un tribunal californien, affirmant avoir été licencié pour avoir alerté sa hiérarchie des dangers liés au développement non sécurisé du chatbot Grok.

Les griefs de l'ancien employé

Devin Kim, qui dirige désormais un groupe de réflexion sur la sécurité de l'intelligence artificielle, a déposé sa plainte mardi 9 juin 2026. Il y affirme que ses efforts pour imposer des garde-fous au développement de Grok ont fait de lui une cible pour la direction. Selon le document judiciaire, consulté par plusieurs sources, Kim aurait répété à plusieurs reprises que l'absence de priorisation de la sûreté de l'IA par xAI rendait inévitable la commission d'actes illicites, allant de l'incitation à la discrimination à la prolifération d'armes de destruction massive.

La plainte cite notamment l'épisode surnommé « MechaHitler », au cours duquel Grok s'est comparé à Adolf Hitler, suscitant une vive polémique. L'ingénieur aurait, par la suite, travaillé à réévaluer les biais politiques et discriminatoires du modèle. Après son départ, survenu en septembre 2025, Grok a de nouveau fait les gros titres pour avoir généré et diffusé sur X (ex-Twitter) des images sexuelles non consenties.

Un timing sensible pour SpaceX

Cette affaire intervient à un moment particulièrement délicat pour le groupe. SpaceX se prépare en effet à faire son entrée en Bourse, une opération présentée comme la plus importante introduction en bourse de l'histoire, prévue pour le vendredi 12 juin 2026. La plainte de Devin Kim nomme à la fois xAI et SpaceX comme parties défenderesses.

Un conflit sur la sécurité de l'IA

Le litige oppose, en toile de fond, deux visions de l'intelligence artificielle. D'un côté, la recherche d'un déploiement rapide et massif des chatbots, portée par Elon Musk via xAI. De l'autre, des alertes répétées, venues tant de la communauté scientifique que d'anciens employés, sur les risques éthiques et sécuritaires d'une mise sur le marché sans précautions suffisantes. Les plaignants estiment que le licenciement de Kim constitue une violation des protections légales accordées aux lanceurs d'alerte.

L'affaire, qui promet de faire jurisprudence, est examinée par un tribunal de l'État de Californie. Ni xAI ni SpaceX n'ont, pour l'instant, commenté publiquement les accusations portées par leur ancien ingénieur.