Un appartement de San Francisco accepte des actions OpenAI et Anthropic en paiement pour 2,9 millions de dollars
Une annonce immobilière à San Francisco suscite l'étonnement et l'intérêt : un appartement de trois chambres et deux salles de bains, situé au 160 Noe Street dans le quartier de Duboce Triangle, est proposé à la vente pour 2,995 millions de dollars, mais l'acheteur peut également payer en actions des sociétés OpenAI ou Anthropic. Cette offre, mise en ligne aux alentours du 28 ou 29 mai, a immédiatement généré un afflux important de demandes de renseignements.
L'agente immobilière Rachel Swann, du Swann Group, a indiqué avoir reçu un nombre très élevé de sollicitations dans les premières vingt-quatre heures suivant la publication de l'annonce. Le vendeur, présenté comme un promoteur de luxe, parie ainsi sur la valeur des actions de ces deux entreprises d'intelligence artificielle pour conclure une transaction hors norme.
Un problème de liquidité pour les employés de l'IA
Cette initiative met en lumière une réalité souvent méconnue : de nombreux salariés d'OpenAI et d'Anthropic détiennent une richesse potentielle considérable sur le papier, mais ne peuvent ni la dépenser ni la convertir facilement en espèces. Les actions de ces sociétés ne sont pas cotées en bourse et leur cession est soumise à des restrictions. Pour ces employés, acheter un bien immobilier nécessite donc de trouver d'abord des liquidités, ce qui n'est pas toujours aisé.
L'annonce de Duboce Triangle vise précisément à répondre à cette difficulté. Le vendeur accepte de recevoir directement des actions, évitant ainsi à l'acquéreur de devoir les vendre au préalable. Le rez-de-chaussée du même immeuble s'est d'ailleurs vendu récemment pour 3 millions de dollars, ce qui donne une indication de la valorisation du bâtiment et peut expliquer pourquoi le propriétaire se montre ouvert à des modalités de paiement originales.
Un précédent en mai 2026
Cette proposition n'est pas un cas totalement isolé dans la région de la baie de San Francisco. Plus tôt en mai, un technicien bancaire nommé Storm Duncan avait mis en vente une propriété à Mill Valley, estimée à environ 8 millions de dollars, en n'acceptant que des actions Anthropic comme moyen de paiement. Cette annonce a depuis été retirée, sans que les raisons de ce retrait aient été clairement établies.
La multiplication de telles offres témoigne d'une tension croissante entre la valeur théorique des actions des start-up d'IA et la difficulté de les utiliser dans la vie courante.
Des obstacles juridiques à surmonter
Accepter des actions d'une société privée en paiement d'un bien immobilier n'est pas une opération simple sur le plan juridique. Les modalités de ces transactions peuvent être organisées, mais les titres des entreprises non cotées sont généralement assortis de clauses de restriction de transfert. OpenAI et Anthropic, comme la plupart des start-up avant leur introduction en Bourse, disposent de droits de préemption et exigent l'approbation de leur conseil d'administration pour tout transfert d'actions. Ces conditions peuvent compliquer, voire bloquer, une cession.
Un acheteur ne peut donc pas simplement endosser son certificat d'actions comme un chèque. Les deux parties devront probablement recourir à des conseils juridiques pour naviguer dans l'environnement réglementaire, et les entreprises concernées elles-mêmes devront donner leur accord pour que le transfert soit valide.