Le musée du Louvre a officialisé, ce jeudi, la nomination d’Olivier Goupil au poste de « coordonnateur sûreté », une fonction inédite créée à la suite du cambriolage survenu en octobre dernier. Âgé de 51 ans et commissaire de police de formation, l’intéressé était jusqu’alors détaché à la RATP, où il occupait le rang de numéro deux de la sûreté depuis 2021. Il prendra ses fonctions le 13 juillet.

Ce recrutement répond à une injonction du ministère de la Culture, qui avait exigé du Louvre une refonte de sa gouvernance après le vol spectaculaire des joyaux de la Couronne, le 19 octobre. Les dysfonctionnements révélés par cet incident – notamment des lacunes dans la circulation de l’information entre les services – ont conduit les autorités à imposer la création d’un poste de responsable unique de la sécurité, directement rattaché à la présidence du musée.

« Rejoindre les équipes du musée du Louvre m’offre la chance de mettre en œuvre mes compétences et mon expérience dans un environnement culturel pluridisciplinaire et d’accompagner l’établissement pour faire face à ses enjeux de sûreté actuels et futurs », a déclaré Olivier Goupil dans un communiqué diffusé par l’établissement.

Un plan de sécurité de 85,8 millions d’euros

L’une des premières missions du nouveau coordonnateur consistera à superviser la mise en œuvre du schéma directeur de sûreté, un programme ambitieux qui prévoit notamment l’installation de caméras paramétriques aux abords du musée. Le retard dans le déploiement de ces équipements avait été sévèrement critiqué après le cambriolage.

Mercredi, lors d’une audition au Sénat, le président du Louvre, Christophe Leribault, a précisé que ce schéma directeur bénéficiait d’une enveloppe de 85,8 millions d’euros pour la période 2025-2032. « Nous ne lésinons pas sur l’ensemble de ces dépenses », a-t-il assuré.

Olivier Goupil arrive au Louvre fort d’une expérience significative dans la gestion de la sécurité à grande échelle. À la RATP, où il dirigeait une équipe de 130 personnes, il a contribué à la création d’un nouveau centre d’état-major de sûreté, destiné à centraliser l’ensemble des remontées d’alarmes – vidéosurveillance, alertes voyageurs, alarmes discrètes des conducteurs de bus. Il a également coordonné les activités de sécurité privée sur le réseau et supervisé la protection de grands événements, tels que la Coupe du monde de rugby et les Jeux Olympiques.

Le poste de coordonnateur sûreté, directement placé sous l’autorité de la présidence du musée, doit permettre de mieux articuler les différentes directions et d’éviter toute déperdition d’information, un point noir mis en lumière par le cambriolage d’octobre. La nomination d’Olivier Goupil s’inscrit dans une série de mesures destinées à restaurer la confiance dans la sécurité du plus grand musée du monde, qui accueille chaque année des millions de visiteurs.