La conseillère indépendante du gouvernement britannique pour la protection des données de santé, Nicola Byrne, a appelé à plus de clarté concernant l’accès de l’entreprise américaine Palantir aux informations médicales des patients du National Health Service (NHS). Cette prise de position fait suite à des révélations selon lesquelles le service de santé britannique aurait accepté d’attribuer un nouveau rôle qualifié « d’administratif » à certains employés de sociétés extérieures.
Nicola Byrne, qui occupe la fonction de conseillère nationale chargée des données de santé (National Data Guardian), a souligné la nécessité d’une « transparence totale » sur la manière dont les données des patients sont gérées par des partenaires privés. Elle estime que l’absence de précisions quant au niveau d’accès accordé à Palantir soulève des interrogations légitimes sur la protection de la vie privée des citoyens.
Un rôle administratif contesté
Les informations divulguées récemment indiquent que le NHS a autorisé la création d’un statut particulier pour certains employés travaillant pour des prestataires extérieurs, leur permettant d’accéder à des données patient dans le cadre de tâches administratives. Cette décision concernerait notamment des salariés de Palantir, une entreprise spécialisée dans l’analyse de données et déjà impliquée dans plusieurs projets informatiques du système de santé britannique.
Le gouvernement britannique et la direction du NHS n’ont pour l’instant pas apporté de réponse détaillée aux interrogations soulevées par Nicola Byrne. Celle-ci insiste sur le fait qu’un cadre juridique et éthique clair doit être établi pour encadrer l’accès aux informations sensibles des patients, et que toute entité privée travaillant avec le NHS doit se conformer aux mêmes exigences de confidentialité que le personnel soignant.
Des précédents qui alimentent les inquiétudes
Cette affaire intervient dans un contexte de controverse récurrente autour de la collaboration entre le NHS et Palantir. L’entreprise, fondée par Peter Thiel, a remporté en 2023 un important contrat pour fournir une plateforme de données destinée à améliorer la gestion des services de santé. Des associations de défense des droits numériques et des professionnels de santé avaient déjà exprimé leurs réserves face à ce partenariat, craignant que les données médicales ne soient utilisées à des fins commerciales ou de surveillance.
Les critiques soulignent que le nouveau rôle « administratif » pourrait élargir l’accès de Palantir à des données patient sans le niveau de contrôle nécessaire. Nicola Byrne a demandé que le NHS précise les limites exactes de cet accès, les garanties techniques et juridiques mises en place, ainsi que les modalités de supervision indépendante.
Un appel à la révision des pratiques
La conseillère gouvernementale n’a pas appelé à une suspension du contrat avec Palantir, mais elle a insisté sur la nécessité de réévaluer les procédures d’octroi des autorisations d’accès. Elle recommande que toute extension de l’accès à des données de santé par des acteurs privés fasse l’objet d’une consultation publique préalable et d’une évaluation d’impact sur la protection des données.
Ces déclarations relancent le débat sur la place des entreprises technologiques dans le système de santé public britannique. Plusieurs parlementaires ont également interrogé le gouvernement sur les mesures prises pour garantir la sécurité des données des patients, alors que le NHS s’engage dans une transformation numérique de grande ampleur.
Prochaines étapes
Le ministère de la Santé et le NHS England devraient prochainement être amenés à répondre aux demandes de clarifications formulées par Nicola Byrne. Il reste à voir si ces pressions conduiront à une révision des conditions d’accès accordées à Palantir ou à une communication plus détaillée sur le périmètre exact de son intervention au sein du système de santé.