L’attribution par le Pentagone d’un contrat de 9,7 milliards de dollars à Dell Technologies, annoncée cette semaine, relance les questions sur les liens entre les décisions gouvernementales et les finances personnelles du président Donald Trump. Selon des documents de déclaration financière, le président a acquis pour plus d’un million de dollars d’actions de Dell au cours du premier trimestre de l’année, dont une transaction comprise entre un et cinq millions de dollars réalisée en février.
Le formulaire de déclaration obligatoire montre que le portefeuille d’investissement du président a exécuté plus de 3 600 transactions sur les trois premiers mois de l’année, couvrant des actions de grandes banques, d’industriels et de géants de la technologie. Les achats de titres Dell se sont poursuivis à des montants moindres dans les mois suivants, précise le document.
Des transactions présentées comme automatiques par l’entourage de Trump
La famille du président a répondu aux interrogations en soulignant que le chef de l’État n’exerce pas de contrôle direct sur ces opérations. Selon une déclaration de la Trump Organization, ces placements sont effectués de manière automatisée par des sociétés de gestion externes. « Cette structure a été intentionnellement conçue pour maintenir une séparation claire entre le président Trump et les gestionnaires de placements tiers indépendants qui gèrent les comptes, et pour éviter jusqu’à l’apparence d’un conflit d’intérêts », a fait savoir l’organisation.
Un contexte de donations et de liens avec le fondateur de Dell
Le contrat intervient dans un contexte particulier : Michael et Susan Dell, le fondateur et l’épouse de ce dernier, avaient promis en décembre de verser 6,25 milliards de dollars pour lancer le programme dit « Trump accounts », créant des comptes d’épargne spéciaux avec des avantages fiscaux pour les enfants américains. Ce don soulève des interrogations supplémentaires sur les relations entre l’administration et l’entreprise texane.
Des précédents qui alimentent le débat
Cette affaire illustre les difficultés qui surviennent lorsqu’un président en exercice continue, même par l’intermédiaire de conseillers financiers, d’acheter et de vendre des actions de sociétés cotées. Le séquencement temporel entre l’acquisition d’actions Dell et l’annonce du contrat fédéral d’une ampleur exceptionnelle relance les débats sur les règles éthiques entourant les investissements personnels des plus hauts responsables de l’exécutif américain.
Le Pentagone a officialisé le contrat de 9,7 milliards de dollars avec Dell Technologies le 27 mai, sans que les modalités précises des prestations attendues n’aient été détaillées dans les annonces publiques. La concomitance des événements, jointe à l’historique des donations du couple Dell, crée une situation que des observateurs jugent potentiellement problématique, bien que la Maison-Blanche et l’entourage présidentiel maintiennent que les procédures en vigueur garantissent l’absence d’ingérence du président dans la gestion de son portefeuille.