Un recours rejeté sans explication

La famille de Lindsay et Craig Foreman, un couple britannique emprisonné en Iran, a annoncé que leur appel contre une peine de dix ans de prison avait été rejeté. Les deux quinquagénaires, âgés de 53 ans, avaient été arrêtés en janvier 2025 alors qu’ils traversaient le pays lors d’un voyage à moto autour du monde. Condamnés en février pour espionnage, des accusations qu’ils contestent fermement, ils ont vu leur recours examiné sans que la cour ne fournisse la moindre justification. Un membre de leur équipe juridique au Royaume-Uni a indiqué qu’aucune raison n’avait été communiquée pour expliquer ce rejet.

Le fils de Lindsay Foreman, Joe Bennett, a souligné que le couple n’avait pas été autorisé à assister à sa propre audience d’appel. Il a qualifié cette situation de « violation grave des droits humains », ajoutant que cette décision constituait une raison supplémentaire pour laquelle deux citoyens britanniques, désormais sans autre recours, se laissaient mourir de faim en signe de protestation.

Des grévistes de la faim privés de communication

Craig Foreman, charpentier de métier, refuse toute nourriture depuis 25 jours. Lindsay Foreman, qui exerçait comme coach de vie, a brièvement repris l’alimentation avant d’entamer à son tour une grève de la faim, qui dure depuis 16 jours. Le couple est détenu à la prison d’Evin, à Téhéran, et n’a plus pu contacter sa famille depuis plus d’un mois. Les proches n’obtiennent des informations que par l’intermédiaire des familles des codétenus. Craig Foreman ne consommerait que du sucre, du lait et de l’eau, et son état de faiblesse serait de plus en plus visible.

Joe Bennett a déclaré ne pas disposer de nouvelles récentes concernant sa mère, Lindsay Foreman, et se dit désespéré d’obtenir des informations sur son état de santé. Il a également précisé que le couple avait refusé de signer des documents rédigés en persan, une langue qu’ils ne maîtrisent pas. Leur dernière visite consulaire remonte à décembre.

La voie vers la Cour suprême

Selon Joe Bennett, le dossier a désormais été transmis à la Cour suprême iranienne, mais la famille ignore la procédure légale à suivre et le calendrier des prochaines étapes. « C’est vraiment difficile, je ne sais plus vers qui me tourner », a-t-il confié, exprimant son inquiétude majeure pour la santé de ses proches. Il a ajouté ne pas voir d’issue à cette situation pour l’instant, ce qui constitue l’aspect le plus pénible.

Des réactions et un contexte tendu

Haydee Dijkstal, avocate faisant partie de l’équipe juridique du couple au Royaume-Uni, a qualifié Lindsay et Craig Foreman de « touristes innocents détenus arbitrairement », dont les droits fondamentaux ont été « sévèrement et constamment violés » tout au long de leur détention.

Richard Ratcliffe, dont l’épouse Nazanin Zaghari-Ratcliffe a été retenue en Iran pendant près de six ans, a estimé que l’échec de l’appel des Foreman constituait un moment significatif. Il a décrit le tribunal révolutionnaire iranien comme un « théâtre de punition » plutôt qu’une véritable cour de justice, et a interprété cette décision comme un signal adressé par les autorités iraniennes au gouvernement britannique. La libération de Nazanin Zaghari-Ratcliffe était intervenue après que le Royaume-Uni avait réglé une dette de plusieurs centaines de millions de livres avec le gouvernement iranien, bien que les responsables britanniques n’aient jamais confirmé officiellement ce lien.

Le ministère britannique des Affaires étrangères, qui déconseille à ses ressortissants de se rendre en Iran, a qualifié l’incarcération des Foreman d’« injustifiée et révoltante ». Dans ses conseils aux voyageurs, il précise que « le simple fait d’avoir un passeport britannique ou des liens avec le Royaume-Uni peut suffire aux autorités iraniennes pour vous détenir ». Le Foreign Office a réaffirmé qu’il continuerait à œuvrer pour que Craig et Lindsay Foreman puissent rentrer sains et saufs au Royaume-Uni.

Joe Bennett a exprimé l’espoir que l’ambassade britannique puisse rendre visite au couple en prison et leur apporter des produits de première nécessité, comme des vitamines et des vêtements de rechange. Il souhaiterait que ses parents mettent fin à leur grève de la faim pour préserver leur santé, tout en comprenant que leur corps constitue la seule forme d’action qui leur reste.