De graves accusations à l'Assemblée nationale
Un nouvel épisode de tensions entre le monde politique et les affaires a éclaté ce week-end. Charles Alloncle, député classé à droite et membre du groupe Union des droites pour la République (UDR), a directement mis en cause le milliardaire Xavier Niel, fondateur de l'opérateur Free et propriétaire d'un grand groupe de presse. L'élu l'accuse d'avoir « organisé » la prise de photographies, publiées récemment, qui le montrent aux côtés de sa collaboratrice parlementaire dans des circonstances privées.
Interrogé par plusieurs confrères, le parlementaire a qualifié les méthodes employées de « mafieuses », estimant que ces images, qu'il présente comme « volées », s'inscrivent dans une manœuvre visant à lui nuire politiquement. « C'est une opération politique planifiée par Xavier Niel, avec la complicité de médias qui lui appartiennent, pour salir ma réputation et intimider les élus qui défendent une ligne souverainiste et patriote », a déclaré l'intéressé.
Un conflit politique et médiatique
Cette sortie intervient dans un contexte de relations déjà tendues entre la sphère politique et Xavier Niel, régulièrement critiqué par la droite radicale pour ses prises de position et l'influence de ses médias. Charles Alloncle, proche de figures comme Éric Ciotti et Marion Maréchal, s'est imposé comme l'une des voix les plus incisives au sein de l'UDR, parti créé après la scission des Républicains.
L'élu n'a pas précisé les circonstances dans lesquelles ces clichés auraient été réalisés, mais il affirme qu'ils ont été obtenus à son insu. Il assure avoir déposé une plainte pénale pour « atteinte à la vie privée et violation du secret professionnel ». De son côté, l'entourage de Xavier Niel n'a, pour l'instant, pas réagi publiquement à ces accusations.
Des précédents dans le paysage politico-médiatique
La méthode dénoncée rappelle d'autres affaires où des personnalités politiques ont vu des images privées divulguées sans leur consentement. Toutefois, la particularité ici réside dans la cible directe du chef d'entreprise, connu pour ses investissements dans les médias et la technologie.
Cette affaire pourrait relancer le débat sur la concentration des médias en France, Xavier Niel étant actionnaire majoritaire du groupe qui édite notamment l'hebdomadaire Le Point et le quotidien Libération. Les détracteurs de l'entrepreneur lui reprochent souvent d'utiliser ses titres de presse pour peser sur le débat public.
Réactions et conséquences
Pour l'heure, aucune autre figure politique de premier plan ne s'est exprimée sur le sujet. Au sein de l'Assemblée nationale, plusieurs députés UDR ont apporté leur soutien à Charles Alloncle, évoquant des « pratiques dignes d'un autre âge ». Des associations de défense de la liberté de la presse, sans prendre parti sur le fond, ont rappelé la nécessité de respecter scrupuleusement la vie privée des élus.
Par cette plainte, le député entend faire toute la lumière sur l'origine des clichés et sur d'éventuelles complicités au sein des rédactions. L'affaire pourrait également avoir des répercussions judiciaires si la justice décide d'ouvrir une enquête préliminaire.