La capitale britannique subit une nouvelle perturbation majeure de ses transports en commun ce jeudi, les conducteurs du métro de Londres ayant entamé un second débrayage de vingt-quatre heures dans le cadre d’un conflit social autour de l’instauration d’une semaine de quatre jours. Le syndicat RMT (National Union of Rail, Maritime and Transport Workers) a confirmé le maintien de cette action, après un premier jour de grève mardi qui a déjà fortement perturbé les déplacements de millions d’usagers.

Mobilisation partielle lors de la première grève

Selon les données communiquées par Transport for London (TfL), l’autorité organisatrice des transports londoniens, 60 % des conducteurs étaient présents à leur poste mardi, soit le premier jour du mouvement social. Ce taux contredit l’idée d’une grève totale, mais la régie reconnaît que la circulation a été « significativement affectée », avec plusieurs lignes partiellement fermées et des fréquences réduites. TfL avait appelé le syndicat à renoncer à la seconde journée de grève, sans succès.

La direction de TfL a estimé que ce taux de 60 % démontrait une volonté des conducteurs de poursuivre le dialogue, tout en jugeant le recours à la grève « disproportionné ». De son côté, le RMT n’a pas commenté ce chiffre, mais a rappelé que la détermination de ses adhérents restait intacte.

Un conflit autour de la semaine de quatre jours

Au cœur du litige se trouve un projet de réorganisation du temps de travail porté par TfL. L’entreprise souhaite introduire un système de « quatre jours travaillés, trois jours de repos » pour les conducteurs, avec une modulation des horaires destinée à améliorer la productivité et la flexibilité. Les syndicats, menés par le RMT, dénoncent une détérioration des conditions de travail, notamment une augmentation des journées de travail effectives sans compensation salariale adéquate.

Les négociations, qui durent depuis plusieurs semaines, n’ont pas abouti à un compromis. Les deux parties s’accusent mutuellement de ne pas faire de concessions. TfL assure que le nouveau planning a été conçu pour répondre à la fois aux besoins des voyageurs et à une meilleure qualité de vie pour les agents, tandis que les représentants du personnel estiment que la mesure vise en réalité à réduire les effectifs et à accroître la pression sur les équipes.

Par ailleurs, le gouvernement britannique, bien que n’étant pas directement partie prenante, a exprimé son inquiétude face aux conséquences économiques des grèves à répétition dans la capitale. Le ministre des Transports a appelé les deux camps à « trouver une issue rapide ».

Impact sur les usagers

Jeudi, les usagers du métro devaient s’attendre à des services très restreints, avec des fermetures de lignes annoncées dès le début de matinée. Des bus de substitution et des navettes ont été mis en place, mais sans pouvoir compenser l’offre normale. Les gares routières et les gares ferroviaires de surface ont également connu une affluence exceptionnelle, de nombreux voyageurs ayant choisi de reporter leurs déplacements ou de télétravailler.

Les organisations patronales londoniennes ont déploré l’impact sur le commerce et les services, estimant les pertes économiques à plusieurs millions de livres par jour de grève. Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, très dépendant des flux de clients en centre-ville, a été particulièrement touché.

Une crise de confiance ?

Ce conflit intervient dans un contexte de multiplication des mouvements sociaux dans les transports publics britanniques, où les syndicats contestent régulièrement les politiques de gestion et de financement. Selon plusieurs observateurs, le débat sur la semaine de quatre jours cristallise des tensions plus larges autour de l’avenir du travail dans les services publics.

Aucune nouvelle date de reprise des négociations n’a été annoncée pour l’instant. Le RMT a laissé entendre que d’autres actions pourraient suivre si aucun accord n’intervenait. TfL, pour sa part, répète que la porte reste ouverte au dialogue.

En attendant, les Londoniens doivent composer avec une semaine de transport perturbée, tandis que le conflit social continue de s’enliser.