Une enquête récente a mis en lumière un contraste frappant : si une part croissante de la population britannique délaisse les espaces naturels, ceux qui continuent de les fréquenter leur attribuent des vertus quasi thérapeutiques. Interrogés sur ce que représentent pour eux les jardins, parcs, forêts ou champs, des citoyens de tout le Royaume-Uni ont livré des réponses empreintes d’émotion.
Pour beaucoup, la nature constitue un refuge indispensable face au stress du quotidien. « C’est mon lieu de bonheur, ma thérapie, une raison de ralentir et de faire une pause dans ma semaine chargée », confie Hannah Powell, employée dans les jardineries Perrywood. Son témoignage illustre un besoin viscéral : « Je DOIS regarder des plantes tous les jours. Je remarque chaque changement dans le jardin. Je prends mon petit-déjeuner face à lui. Sur le chemin du travail, j’observe la faune – j’ai récemment vu une chevêche, des milans royaux, des renards, des lièvres. » Elle ajoute que cette connexion avec le vivant l’a aidée à surmonter un épuisement professionnel (burnout) et un trouble neurologique fonctionnel (TNF) lorsqu’elle vivait à Londres. « Je ne pourrais pas (je ne pourrais pas) m’en passer. »
David Lynch, un autre lecteur, exprime un sentiment d’accomplissement existentiel : « Je suis plus pleinement humain, mon moi tout entier. » Sa déclaration rejoint celle de nombreux participants qui décrivent les grands espaces britanniques comme source d’admiration, de calme et de guérison. « C’est un grand guérisseur », résume l’un d’eux.
Ces réactions font suite à la publication d’une étude selon laquelle près de la moitié des adultes du Royaume-Uni passent désormais moins de trois heures par semaine dans un cadre naturel. Ce constat, jugé préoccupant par les défenseurs de l’environnement, contraste avec l’attachement profond exprimé par les répondants. Loin d’être un simple loisir, le contact avec la nature est vécu comme une nécessité psychique et physique.
Les témoignages recueillis révèlent également une dimension sensorielle et contemplative. Hannah Powell mentionne observer chaque changement dans son jardin, chaque animal croisé sur son trajet. Cette attention portée aux détails du vivant semble participer d’un processus de recentrage et d’ancrage. « Cela m’aide à ralentir et à faire une pause », insiste-t-elle.
Au-delà des bienfaits individuels, ces paroles traduisent un rapport collectif à l’environnement naturel, perçu comme un patrimoine commun à préserver. Les responsables associatifs et les pouvoirs publics britanniques sont régulièrement interpellés sur la nécessité de faciliter l’accès aux espaces verts, en particulier dans les zones urbaines où la déconnexion est la plus forte.
L’enquête, menée par un institut de recherche, n’a pas encore donné lieu à des mesures concrètes. Mais l’écho rencontré par l’appel à témoignages – dont la rédaction a reçu une vague de réponses passionnées – pourrait alimenter les débats sur les politiques d’aménagement du territoire et de santé publique. La nature, semblent dire les citoyens, n’est pas un luxe : c’est une ressource thérapeutique dont il ne faudrait pas se priver.