Providence, États-Unis — Un juge fédéral a donné raison, vendredi 5 juin 2026, à une coalition d’organisations de défense des immigrés et de syndicats, en annulant une série de mesures prises par l’administration Trump à l’encontre des ressortissants de 39 pays. Le magistrat a jugé que ces restrictions, imposées depuis novembre 2025, étaient illégales et motivaient par un « sentiment anti-immigrés ».
Le juge en chef du district fédéral de Providence (Rhode Island), John McConnell, a estimé que les services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS) avaient adopté des politiques « illicites » qui suspendaient de fait toute décision finale sur les demandes d’asile, de permis de travail, de cartes vertes et de naturalisation pour les personnes originaires de ces 39 nations, situées principalement en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient.
Dans sa décision, le juge McConnell a sévèrement critiqué l’argumentaire de la Maison-Blanche, estimant que les « préoccupations prétextuelles de ‘sécurité nationale’ masquent des sentiments anti-immigrés ». Il a souligné que la politique contestée « a plongé la vie d’innombrables immigrés vivant aux États-Unis dans un vide juridique indéterminé ». « La suspension des adjudications de l’USCIS ne peut être attribuée à quoi que ce soit que ces individus auraient fait de mal ; elle découle uniquement du hasard de leur naissance », a écrit le magistrat.
« Plus de six mois plus tard, nombre de ces personnes restent sans travail, sans statut légal et sans aucune possibilité significative de planifier leur avenir », a-t-il ajouté.
Cette décision intervient alors que l’immigration est au cœur des débats politiques américains. Le même jour, le Sénat a adopté un projet de loi visant à financer les mesures controversées de lutte contre l’immigration de Donald Trump. Par ailleurs, depuis janvier 2026, le département d’État avait déjà suspendu le traitement de la plupart des visas d’immigrant pour 75 pays, sous prétexte que leurs ressortissants risquaient de devenir dépendants des aides sociales américaines.
La plainte, déposée en mars 2026 par une coalition d’organisations de services aux immigrés et de syndicats, contestait un ensemble de politiques adoptées par l’USCIS à partir de novembre 2025, peu après qu’un incident sécuritaire à Washington a servi de justification à ces mesures.
Dans un communiqué, Skye Perryman, présidente-directrice générale de l’organisation Democracy Forward, a salué le jugement, qui « réaffirme un principe fondamental : le gouvernement fédéral ne peut pas fermer les voies d’immigration légales ou discriminer les personnes en fonction de leur pays d’origine ». Selon elle, « ces politiques illégales ont causé un préjudice énorme à des familles, des travailleurs, des demandeurs d’asile et des communautés à travers le pays, qui ont été laissés dans l’incertitude, incapables de travailler, d’accéder à des protections ou d’avancer dans leur vie ».