Les autorités sanitaires du Royaume-Uni ont annoncé le lancement d'un programme de vaccination contre la méningite B destiné à environ un million de jeunes en Angleterre, au pays de Galles et en Écosse. L'initiative, qui doit débuter en juillet, vise à protéger les élèves en dernière année de secondaire ainsi que les jeunes âgés de 18 à 25 ans qui entameront des études supérieures ou une formation résidentielle à l'automne 2026.

Cette campagne fait suite à un foyer épidémique sans précédent dans le Kent, où 21 cas de méningite B ont été recensés en mars, entraînant deux décès. Par ailleurs, des grappes de cas ont été signalées à Weymouth (Dorset) et à Reading (Berkshire), portant à trois le nombre total de jeunes personnes décédées dans ces épisodes. Les souches identifiées lors de ces foyers étaient différentes, mais toutes sont couvertes par le vaccin Bexsero, qui sera administré.

Une riposte face à une activité inhabituelle de la bactérie

Le professeur Shamez Ladhani, de l'Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA), a estimé que ces foyers « plutôt inhabituels » faisaient craindre une possible recrudescence de la maladie dans les années à venir. Il a évoqué une « période de lune de miel » de 25 ans de faible activité de la méningite B, qui aurait conduit à une moindre exposition de la population et donc à une susceptibilité accrue.

Le secrétaire d'État à la Santé et aux Affaires sociales pour l'Angleterre, James Murray, a déclaré : « L'épidémie dans le Kent et les récentes grappes indiquent un possible changement dans la façon dont la méningite B affecte les personnes. En attendant d'examiner les dernières données, nous agissons dès maintenant pour protéger les jeunes qui présentent le risque immédiat le plus élevé alors qu'ils entrent à l'université ou dans des résidences universitaires cet automne. »

Modalités de la campagne

Le vaccin Bexsero sera administré en deux doses, espacées d'au moins 28 jours. En Angleterre, les injections seront proposées en juillet et août dans les pharmacies communautaires. Les élèves de dernière année (année 13) seront contactés via l'application NHS, par SMS, courriel ou courrier, selon leurs dossiers médicaux. Les nouveaux étudiants de moins de 25 ans pourront prendre rendez-vous directement en pharmacie.

Au pays de Galles, le programme se déroulera de juillet à décembre. Les jeunes de 17 et 18 ans recevront un courrier de leur conseil de santé à partir de début juillet, tandis que les 18-25 ans entrants dans l'enseignement supérieur devront contacter leur conseil plus tard dans le mois. En Écosse, la vaccination débutera également en juillet. L'Irlande du Nord devrait lancer un programme similaire prochainement.

Un risque accru lié aux interactions sociales

La bactérie responsable de la méningite B se transmet par contact étroit, notamment par le baiser, le partage de cigarettes électroniques ou de boissons, ou la vie en collectivité. Les autorités sanitaires soulignent que le risque est plus élevé pour les jeunes de 18 ans ou les nouveaux étudiants en raison du brassage social et de l'hébergement partagé.

Le vaccin Bexsero, qui protège contre la plupart des souches de méningocoque B, est réputé offrir une protection d'au moins six ans. Actuellement, un autre vaccin, le MenACWY, est administré systématiquement aux adolescents de 14 ans, mais il ne couvre pas la souche B.

Témoignage d'une famille endeuillée

Aaron Mills, un étudiant de 18 ans originaire de Kidderminster (Worcestershire), est décédé en janvier 2026 des suites d'une méningite. Il venait d'entamer ses études à l'université John Moores de Liverpool. Après des symptômes grippaux, il a été victime d'une crise convulsive et est resté inconscient. Sa famille, qui pensait qu'il avait été vacciné contre la méningite, a découvert après sa mort qu'il existait différentes souches. « L'impact sur la famille et les amis est horrible. La douleur est insupportable », a confié son père.

Une réponse coordonnée mais partielle

Les experts estiment que cette campagne est une réponse nécessaire mais ciblée. Si le nombre de cas cette année n'est pas supérieur à celui des années précédentes, la concentration de foyers chez les jeunes adultes a motivé une action immédiate. Les autorités continuent d'enquêter sur les causes exactes de ces épidémies, mais une hypothèse privilégiée reste le cycle naturel de la bactérie, alternant périodes de faible et de forte activité.