Le système britannique de transplantation de cellules souches hématopoïétiques, une procédure vitale notamment pour les cancers du sang, est jugé « inadapté » par un groupe multipartite de parlementaires. Dans un rapport publié mercredi, ces élus alertent sur le fait que des vies pourraient être mises en danger en raison d’infrastructures insuffisantes et d’une absence de planification stratégique.
La greffe de cellules souches, couramment appelée greffe de moelle osseuse, consiste à transfuser des cellules saines d’un donneur vers un patient. Chaque année, environ 4 000 interventions de ce type sont réalisées au Royaume-Uni pour traiter des pathologies graves telles que les leucémies, les troubles sanguins ou certaines maladies auto-immunes.
Une dépendance excessive aux donneurs étrangers
Les travaux du groupe parlementaire sur l’ethnicité, la transplantation et la transfusion révèlent que seulement 24 % des greffes de cellules souches pratiquées dans le pays utilisent un donneur britannique. Cette forte dépendance vis-à-vis de donneurs situés à l’étranger entraîne des coûts élevés et expose la chaîne d’approvisionnement à des risques de rupture, selon les experts cités dans le rapport.
Des inégalités ethniques exacerbées
Le document souligne que les personnes issues de minorités ethniques sont particulièrement désavantagées par ce système. La probabilité de trouver un donneur compatible parmi les registres nationaux est significativement plus faible pour ces patients, ce qui retarde ou complique leur accès à un traitement salvateur. Les parlementaires estiment que cette situation aggrave les inégalités déjà existantes en matière de santé.
Un constat alarmant sur l’état du dispositif
Le rapport conclut que le système actuel n’est plus adapté aux besoins des patients. Il pointe un sous-investissement chronique dans les infrastructures nécessaires au prélèvement, au traitement et à la distribution des cellules souches. L’absence de vision à long terme est également critiquée, les auteurs estimant que les autorités n’ont pas anticipé l’évolution des besoins liés au vieillissement de la population et à l’augmentation des maladies relevant de cette thérapie.
Les députés exhortent le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour remédier à ces carences, notamment en augmentant le nombre de donneurs inscrits sur les registres nationaux et en modernisant les installations techniques. Ils appellent également à une révision en profondeur du financement et de la coordination entre les différents acteurs du secteur.