Des travaux de recherche menés par une équipe française d'épidémiologistes nutritionnels, parus en mai dans la revue American Journal of Clinical Nutrition, suggèrent qu'une consommation régulière de fruits et légumes issus de l'agriculture biologique pourrait contribuer à réduire le risque de développer un cancer du sein après la ménopause.

L'étude a consisté à suivre un panel de 31 000 personnes pendant une durée de sept ans. Durant cette période, les chercheurs ont recensé 1 718 cas de cancer, parmi lesquels 284 étaient des cancers du sein post-ménopausiques.

Un effet protecteur proportionnel à la consommation

L'analyse des données recueillies via des questionnaires alimentaires a permis d'établir une corrélation précise : le remplacement quotidien d'une portion de 100 grammes de fruits et légumes conventionnels par leur équivalent biologique serait associé à une réduction de 10 % du risque de survenue d'un cancer du sein post-ménopausique. En d'autres termes, plus la part de produits bio dans l'alimentation est élevée, plus le bénéfice protecteur serait important.

Cette association statistique, après ajustement sur les autres facteurs de risque connus (âge, poids, activité physique, tabagisme, etc.), conforte l'hypothèse selon laquelle les résidus de pesticides présents dans l'alimentation conventionnelle pourraient jouer un rôle dans le développement de certains cancers. En consommant des produits bio, les femmes réduiraient leur exposition à ces substances chimiques.

Un message de santé publique

Si les auteurs de l'étude soulignent la nécessité de poursuivre les recherches pour confirmer ce lien de cause à effet, les résultats apportent un argument supplémentaire en faveur d'une alimentation plus respectueuse de l'environnement et de la santé. Les pouvoirs publics pourraient s'appuyer sur ces données pour renforcer les politiques de promotion de l'agriculture biologique, en particulier auprès des femmes ménopausées, une population particulièrement exposée au risque de cancer du sein.

L'étude ne remet pas en cause l'intérêt de consommer des fruits et légumes conventionnels, bien connus pour leurs effets bénéfiques généraux sur la santé, mais elle invite à considérer l'origine et les modes de production comme un facteur potentiel de prévention supplémentaire.