Laura Samani signe son deuxième film avec « Une année italienne », une adaptation libre du roman « Une année d’école » de Giani Stuparich, publié en 1929. L’œuvre, présentée comme un teen movie, s’attache à dépeindre l’adolescence comme une période d’envol lent vers l’âge adulte, mêlant des anecdotes personnelles de la cinéaste au récit original.

Le film se déroule dans une petite ville italienne et suit un groupe d’adolescents confrontés à la monotonie du quotidien et aux premiers questionnements existentiels. La réalisatrice, connue pour son premier opus « Petite maman » (également titré « Les Enfants »), change ici de registre pour explorer les « ados lassants », selon les termes de certains critiques. L’ennui, la mélancolie et les relations ambiguës entre les personnages constituent le cœur du récit.

Un portrait nuancé de la jeunesse

La critique souligne que le film parvient à capturer l’essence de l’adolescence sans tomber dans le pathos. Les personnages, volontairement ordinaires, évoluent dans un univers où le temps semble suspendu. Laura Samani utilise des silences et des plans longs pour rendre palpable cette lenteur propre à l’adolescence, moment où l’on attend que la vie commence vraiment. Certains observateurs jugent toutefois que cette approche rend le récit « plus ordinaire », moins percutant que d’autres teen movies contemporains.

Entre héritage littéraire et vécu personnel

Le roman de Giani Stuparich, qui sert de base au scénario, décrit une année scolaire dans un lycée de Trieste au début du XXe siècle. Laura Samani transpose cette histoire dans un cadre plus contemporain, tout en conservant l’atmosphère mélancolique de l’œuvre originale. La réalisatrice a puisé dans ses propres souvenirs d’adolescence pour enrichir le récit, mêlant fiction et expérience vécue. Cette hybridation donne au film une authenticité, mais aussi une certaine modestie dans son ambition narrative.

Réception critique

« Une année italienne » divise la critique. D’un côté, on salue la justesse du regard porté sur l’adolescence, cette capacité à montrer l’ennui comme un ferment de l’identité. De l’autre, on regrette un manque de relief dramatique, le film peinant parfois à captiver sur la durée. Les personnages, décrits comme « lassants », reflètent fidèlement l’apathie adolescente, mais cette fidélité pourrait lasser certains spectateurs en quête d’action ou de rebondissements.

Le film confirme néanmoins le talent de Laura Samani pour les ambiances intimistes et les portraits psychologiques fouillés. Après un premier long-métrage remarqué, la cinéaste italienne continue d’explorer les âges de la vie avec une sensibilité marquée, choisissant ici de s’attarder sur cet âge charnière où tout semble à la fois possible et hors de portée.

Sortie et distribution

« Une année italienne » sort dans les salles françaises le 10 juin 2026. Le film est porté par une distribution majoritairement composée de jeunes acteurs non professionnels, choisis pour leur naturel face à la caméra. Cette décision de casting renforce l’impression de réalisme qui se dégage du long-métrage, mais contribue aussi à son rythme contemplatif.