Le gouvernement a officialisé l’intégration d’un enseignement dédié à l’intelligence artificielle dans le cursus des lycéens. À compter de la rentrée 2027, tous les élèves de seconde suivront une heure hebdomadaire de formation à l’IA, qui s’inscrira au sein du cours de sciences numériques et technologie. L’annonce a été faite par le ministre de l’Éducation nationale, Sébastien Lecornu, ce vendredi 19 juin.

Sur son compte officiel, le ministre a justifié cette mesure par la nécessité de ne pas laisser « une génération entière découvrir l’intelligence artificielle sans lui donner les clés pour la comprendre, et donc la maîtriser ». Il a précisé que cette initiative est portée sous l’impulsion du ministre délégué en charge de l’Éducation, Édouard Geffray.

Un contenu intégré à une matière existante

Plutôt que de créer une discipline totalement inédite, le ministère a choisi d’adosser ce nouvel enseignement à une matière déjà présente dans les programmes de seconde : les sciences numériques et technologie. Cette approche vise à ne pas alourdir excessivement les emplois du temps tout en garantissant une formation structurée aux enjeux et outils de l’intelligence artificielle.

Les modalités pédagogiques précises n’ont pas encore été détaillées. Le contenu du module devrait couvrir à la fois les aspects techniques de l’IA, ses applications concrètes et les questions éthiques qu’elle soulève. Le ministère entend ainsi préparer les lycéens à un monde professionnel et sociétal où l’intelligence artificielle occupe une place croissante.

Un contexte d’accélération technologique

Cette annonce intervient alors que l’intelligence artificielle connaît un essor rapide dans de nombreux secteurs, suscitant à la fois espoirs et inquiétudes. Plusieurs pays avaient déjà introduit des modules similaires dans leurs programmes scolaires, en particulier au niveau du lycée. La France s’inscrit dans cette dynamique avec un calendrier fixé à deux ans, laissant aux équipes pédagogiques et aux concepteurs de programmes le temps de préparer les contenus et de former les enseignants.

Des réactions à venir

Si l’initiative est présentée comme un moyen de réduire les fractures numériques et de renforcer la compétitivité, elle devra être évaluée à l’aune de sa mise en œuvre concrète. Les syndicats d’enseignants et les associations de parents d’élèves n’ont pas encore réagi publiquement à cette annonce. La question de la formation des professeurs de sciences numériques et technologie à ces nouveaux contenus sera vraisemblablement au cœur des discussions dans les mois à venir.

Le gouvernement espère que ce module donnera aux futurs bacheliers une compréhension suffisante des mécanismes de l’IA pour qu’ils puissent en faire un usage éclairé, que ce soit dans leurs études supérieures ou dans leur vie professionnelle. L’enjeu est double : outiller les jeunes face à une technologie en pleine expansion et contribuer à former les talents dont l’économie française aura besoin.