Quentin Tarantino n'a pas mâché ses mots. Le cinéaste de 63 ans a livré une critique acerbe de la production hollywoodienne dans les colonnes du magazine Sight & Sound, dénonçant ce qu'il perçoit comme une standardisation et un appauvrissement créatif. « Une usine à saucisses insipide », a-t-il écrit pour qualifier l'industrie américaine du septième art.

Un constat sans appel

Le réalisateur estime que la quasi-totalité des films sortis après la pandémie méritent des reproches. Dans sa tribune, il énumère une série de griefs : « défauts, invraisemblances, démagogie, mauvais choix d'acteurs ou tout simplement stupidité crasse ». Selon lui, il est devenu « presque impossible » de voir une nouveauté sans la critiquer ou la dénigrer. « De nos jours, le concept même de ce qu'est un film m'inspire plus de mépris que de générosité », ajoute-t-il.

Une seule véritable exception

Parmi cet océan de déception, Tarantino concède avoir apprécié quelques œuvres, sans qu'elles ne suscitent pour autant l'enthousiasme d'antan. Il cite « West Side Story » (2021) de Steven Spielberg, ainsi que les deux chapitres d'« Horizon : Une saga américaine », réalisés par Kevin Costner. Mais il précise : « Rien qui m'ait vraiment captivé et transporté dans cet univers magique de pur plaisir que je fréquentais régulièrement et qui était la raison pour laquelle j'aimais le cinéma plus que toute autre forme d'art. »

Un seul long métrage trouve véritablement grâce à ses yeux : « The Rip » de Joe Carnahan, avec Matt Damon et Ben Affleck. Il le décrit comme un « thriller policier palpitant, au concept original, brillamment mené », saluant sa réalisation, sa distribution, son esthétique et son « scénario sensationnel ». L'œuvre l'a « captivé du début à la fin ».

Un désamour qui le tourne vers d'autres horizons

Ce désamour pour le cinéma contemporain pousse Tarantino à se détourner des salles obscures. Il confie préférer désormais « lire un livre ». Le cinéaste, lauréat d'une Palme d'or à Cannes en 1994 pour « Pulp Fiction » ainsi que de deux Oscars, deux BAFTA et trois Golden Globes, travaille actuellement à sa première pièce de théâtre, « The Popinjay Cavalier », dont la première est attendue en 2027 à Londres.

Les regrets du passé

Tarantino semble nourrir une nostalgie pour l'époque où chaque visionnage était une expérience immersive. Son amour originel pour le septième art, qui dépassait selon lui toute autre forme d'expression artistique, s'est éteint face à ce qu'il perçoit comme une production industrialisée et sans saveur. Reste à savoir quand il opérera son retour derrière la caméra pour ce qu'il a annoncé être son dernier film.