Un animateur exerçant dans un centre périscolaire à Hyères (Var) fait l'objet d'une suspension administrative depuis le mois de février, après des allégations d'attouchements sexuels. L'affaire, qui implique deux plaintes distinctes, a été rendue publique ce jeudi par le parquet de Toulon.

Le parquet, par la voix du procureur Raphaël Balland, a indiqué que la première plainte émanait de la mère d'un garçon de cinq ans. Les propos de l'enfant, rapportés par sa mère, évoquaient des gestes « à caractère sexuel ». L'animateur, entendu dans le cadre de l'enquête, a « totalement » contesté les faits qui lui sont reprochés.

Deux plaintes et une enquête en cours

Parallèlement à cette première procédure, une seconde enquête préliminaire a été ouverte après le dépôt d'une main courante en mai 2026. Une mère déclarait qu'un animateur « aurait eu un comportement déplacé à l'égard de sa fille de 6 ans ». Sans évoquer explicitement des gestes sexuels, elle soupçonnait qu'il s'agisse du même employé, après avoir eu connaissance de la première affaire.

Le parquet a précisé les mesures déjà engagées : audition de l'enfant par une enquêtrice spécialisée, examens médicaux et psychologiques, évaluation psychiatrique du mis en cause et auditions de témoins. Bien que l'enquête administrative n'ait révélé « aucun élément » accablant, la justice a souhaité examiner le dossier en détail.

Des répercussions en ligne et une plainte de la maire

L'affaire a suscité une vive agitation sur les réseaux sociaux. De nombreux messages hostiles, décrits par le parquet comme « de très nombreux messages de haine et de menaces de mort », ont visé l'animateur, pourtant présumé innocent. Un influenceur a diffusé l'identité et la photographie de l'intéressé, ce qui pourrait constituer un délit de diffusion d'informations personnelles mettant en danger la personne concernée. Cet influenceur a été entendu jeudi par le commissariat de Hyères.

La maire de Hyères a elle-même été la cible de « messages diffamatoires et haineux » en ligne et a porté plainte ce même jour. La municipalité a rappelé que l'animateur incriminé avait été « immédiatement et à titre conservatoire suspendu de ses fonctions » dès février.

Une présomption d'innocence rappelée

Le parquet a tenu à souligner que les accusations en ligne, souvent « totalement erronées », ne doivent pas préjuger de la réalité des faits. L'enquête se poursuit pour établir la vérité, dans le respect des droits de toutes les parties.