L'enquête sur l'évasion rocambolesque d'un détenu de la prison de Villepinte connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Un surveillant pénitentiaire de l'établissement a été mis en examen et placé en détention provisoire, a-t-on appris ce week-end.

L'agent, dont l'identité n'a pas été divulguée, est soupçonné d'avoir participé à la fuite d'Ilyas Kherbouch, connu sous le surnom de « Ganito ». Ce multirécidiviste, impliqué dans des affaires de cambriolage, de séquestration et de home-jacking, s'était évadé de la maison d'arrêt de Villepinte le mois dernier.

Les faits remontent à la mi-mars. Ce jour-là, des individus se faisant passer pour des policiers étaient parvenus à faire sortir Kherbouch de l'enceinte pénitentiaire. Le détenu avait été repris par les forces de l'ordre le 20 mars, mettant fin à une cavale de plusieurs jours.

Dans le cadre des investigations ouvertes après cette évasion, trois personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. Parmi elles figure ce surveillant pénitentiaire, dont le rôle exact dans l'opération est désormais examiné par la justice. Présenté à un juge d'instruction, il a été mis en examen pour des chefs qui n'ont pas été précisés publiquement à ce stade de la procédure. Le parquet a requis son placement en détention provisoire, décision confirmée par le juge des libertés et de la détention.

Une évasion préparée

L'enquête, confiée à la police judiciaire, tente de déterminer l'ensemble des complicités ayant permis cette évasion. L'hypothèse d'une préparation minutieuse est privilégiée par les enquêteurs. L'utilisation de faux uniformes et de véhicules banalisés pour faire croire à une intervention policière suggère une organisation rodée.

Le profil du détenu évadé, un multirécidiviste connu des services, interroge également sur les conditions de sa détention à Villepinte. Ilyas Kherbouch avait déjà été condamné à plusieurs reprises pour des faits de vols avec violence et de séquestration.

Les suites judiciaires

La mise en examen et l'incarcération du surveillant constituent une étape importante dans cette affaire. Elles ouvrent la voie à de potentielles confrontations et à l'audition d'autres témoins. Les autres personnes interpellées lors de l'opération pourraient également être déférées devant la justice dans les prochains jours.

Du côté de l'administration pénitentiaire, une enquête interne a été ouverte parallèlement à la procédure judiciaire. La direction de la prison de Villepinte n'a pas souhaité faire de commentaire sur cette affaire en cours. Les syndicats pénitentiaires ont exprimé leur inquiétude face à ce qu'ils considèrent comme une atteinte grave à la sécurité des établissements et au métier de surveillant.

L'affaire suscite également des interrogations au sein du monde judiciaire et policier sur les failles sécuritaires potentielles dans les prisons françaises. Plusieurs élus locaux ont appelé à ce que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cette évasion.

L'audience de mise en examen du surveillant s'est tenue à huis clos, conformément au secret de l'instruction. Son avocat n'a pas souhaité s'exprimer publiquement à ce stade. La détention provisoire de l'agent pourra être contestée devant la chambre de l'instruction dans les prochains jours.