Le marché automobile britannique a connu en mai sa meilleure performance pour un mois de mai depuis avant la pandémie de Covid-19, porté par la forte progression des constructeurs chinois. Selon les données publiées par l’organisation professionnelle SMMT (Society of Motor Manufacturers and Traders), 160 662 véhicules ont été immatriculés, soit une augmentation de 7 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Les ventes de voitures électriques à batterie ont enregistré la croissance la plus rapide, représentant plus de 27 % du marché total des voitures particulières neuves. Cette dynamique profite particulièrement aux marques chinoises, qui bénéficient de l’absence de droits de douane punitifs sur les importations au Royaume-Uni, contrairement à l’Union européenne.

Les constructeurs chinois en forte progression

Le groupe Chery, qui commercialise ses modèles sous les marques Chery, Jaecoo et Omoda, a écoulé 8 200 véhicules en mai. Son concurrent BYD a vendu 5 200 unités. Sur les cinq premiers mois de l’année, les ventes de BYD ont doublé par rapport à la même période de 2025, tandis que celles de Chery ont été multipliées par quatre.

MG, la marque détenue par le groupe public chinois SAIC, a vu ses ventes croître de 13 % pour atteindre près de 7 500 immatriculations. D’autres constructeurs chinois, comme Leapmotor et Geely, ont connu des progressions encore plus marquées, avec respectivement 900 et 1 100 véhicules vendus, contre des chiffres quasi nuls un an plus tôt.

Tesla et les facteurs de la demande

Le constructeur américain Tesla a également profité de cette embellie, avec une hausse de 45 % de ses immatriculations au Royaume-Uni. Plusieurs facteurs expliquent l’appétit des consommateurs britanniques pour les véhicules électriques : l’introduction de subventions publiques en juillet 2025, la hausse des prix des carburants liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, et la diversité croissante de l’offre, notamment grâce à l’arrivée de modèles chinois à des prix compétitifs.

Un environnement réglementaire favorable

Contrairement à l’Union européenne, qui a imposé des droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques chinois pour protéger ses constructeurs nationaux, le Royaume-Uni n’a pas mis en place de barrières tarifaires similaires. Cette différence de politique commerciale offre aux marques chinoises un accès privilégié au marché britannique, où elles peuvent proposer des véhicules à des prix souvent inférieurs à ceux de leurs concurrents européens.

Un marché en mutation

Le record de mai 2026 confirme la reprise du secteur automobile britannique après plusieurs années difficiles marquées par la pandémie, les pénuries de composants électroniques et l’inflation. La part croissante des véhicules électriques, portée par des acteurs chinois, transforme en profondeur le paysage automobile du pays. Les constructeurs traditionnels, qu’ils soient européens, japonais ou sud-coréens, sont confrontés à une concurrence accrue sur un segment qui devient structurellement dominant.