Un échange virulent sur fond de débordements

La victoire du Paris Saint-Germain en finale de la Ligue des champions, samedi soir, a donné lieu à des scènes de liesse mais aussi à des violences dans les rues de la capitale. Le bilan dressé par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, fait état de 780 personnes interpellées dans l’Hexagone à l’occasion des festivités. Un homme a perdu la vie dans un accident de motocross sur le périphérique parisien, et une personne blessée à l’arme blanche se trouvait dimanche entre la vie et la mort, selon le parquet de Paris.

Dans ce contexte tendu, une passe d’armes a opposé deux figures politiques sur les réseaux sociaux. Clémence Guetté, députée proche de Jean-Luc Mélenchon et vice-présidente de l’Assemblée nationale, avait interpellé le gouvernement dès samedi soir. Sur X (anciennement Twitter), elle avait demandé au ministre de l’Intérieur de « ne pas gâcher la fête une nouvelle fois » et de renoncer à toute « répression violente », estimant que le « désastre de l’année dernière ne doit pas se reproduire ».

Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a répliqué en accusant l’élue insoumise d’apporter un « soutien inconditionnel à ceux qui détruisent le bien d’autrui, à ceux qui bafouent nos lois et salissent nos fêtes populaires ». Il a dénoncé « le mépris affiché pour nos forces de l’ordre, accusées, dans une totale inversion des valeurs et du réel, d’être les auteurs de l’insécurité ». Il a conclu que « toute l’indignité de la France insoumise est résumée dans cette prise de parole ».

Manuel Bompard nuance et appelle à l’organisation

Le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, a lui aussi réagi. Tout en jugeant « pas acceptable » la situation survenue samedi soir, il a regretté que les autorités aient refusé la mise en place de fanzones. « Quand il y a des événements de cette nature, on devrait essayer d’organiser cette fête, de l’encadrer, de lui proposer des lieux pour qu’elle puisse s’exprimer, pour éviter précisément ce type de débordements », a-t-il déclaré dimanche sur France 3.

Cet échange cristallise les divergences entre les deux camps sur la gestion des rassemblements populaires et le rôle des forces de l’ordre. D’un côté, la LFI dénonce une « répression violente » et prône un encadrement par des zones dédiées ; de l’autre, le RN accuse les insoumis de justifier les violences et de mépriser les policiers.

Le sacre du PSG, acquis aux dépens d’Arsenal à Budapest, a donc ravivé des lignes de fracture politiques qui dépassent largement le cadre sportif.