Viktor Orban conserve les rênes du Fidesz
L'ancien chef du gouvernement hongrois Viktor Orban a été reconduit à la tête de son parti, le Fidesz, lors d'un congrès organisé ce samedi. Sur les 737 délégués présents, 729 ont voté en sa faveur, alors qu'il se présentait sans adversaire, selon l'agence de presse nationale MTI. Cette reconduction intervient alors que la formation politique qu'il dirigeait depuis 2010 a subi une défaite cinglante aux élections législatives du 12 avril dernier.
Un revers électoral historique
Le 12 avril, le parti Tisza, mené par l'actuel Premier ministre Peter Magyar, a remporté une majorité des deux tiers au Parlement, renversant les modifications constitutionnelles introduites sous l'ère Orban qui avaient affaibli la justice, les médias, les universités et d'autres institutions. Le Fidesz, qui avait obtenu 39 % des suffrages, a vu sa base électorale s'effriter au profit de la formation centriste et pro-occidentale. Un sondage réalisé en mai par l'institut Publicus indique que le Tisza rassemble désormais 55 % des intentions de vote, contre seulement 17 % pour le Fidesz.
Un discours de défi
Lors de son intervention devant le congrès avant le vote, Viktor Orban a reconnu sa responsabilité pleine et entière dans la défaite. « Je n'abandonne pas, jamais, jamais, jamais, jamais, jamais », a-t-il lancé. Il a qualifié le Fidesz de « parti gouvernemental fantastique » durant seize années, mais a estimé que la formation devait évoluer pour devenir une opposition efficace et prête à gouverner à nouveau.
Un contexte politique et diplomatique bouleversé
L'arrivée au pouvoir de Peter Magyar en mai a entraîné des changements rapides. Son gouvernement a promis de modifier la Constitution afin d'écarter le président Tamas Sulyok et d'autres responsables nommés par Orban. Il a également levé le veto que Budapest opposait à l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne, permettant la reprise du processus d'élargissement.
Parallèlement, l'UE a annoncé le déblocage de 16,4 milliards d'euros sur les 18 milliards gelés pour la Hongrie en raison des dérives démocratiques, de la corruption et des mesures jugées discriminatoires envers les personnes LGBT+. Cette somme avait été bloquée pendant le mandat d'Orban.
Une figure controversée qui conserve des soutiens
Viktor Orban, 62 ans, s'est imposé comme une figure emblématique de la droite conservatrice en Europe et aux États-Unis, prônant un modèle de démocratie qu'il qualifiait d'« illibéral ». Il entretenait des liens étroits avec l'ancien président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine. Sa longévité politique a été remise en question après la débâcle électorale, certains de ses anciens fidèles l'appelant à se retirer, une première depuis son accession au pouvoir en 2010.