Le Sénat a donné son feu vert, cette semaine, à l'installation d'une commission d'enquête visant à faire la lumière sur les violences touchant les enfants dans les structures périscolaires. La sénatrice de Paris Agnès Evren (Les Républicains), à l'origine de cette demande, devrait en être désignée rapporteure. Elle a indiqué vouloir établir « pour la première fois un état des lieux national des violences commises dans le cadre périscolaire ».
Cette décision intervient alors que des révélations récentes ont mis en lumière des dysfonctionnements graves dans le secteur. D'après des chiffres communiqués par des sources officielles, 132 animateurs ont été suspendus depuis le début de l'année, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles ou sexistes. Ces éléments ont accéléré la demande d'une enquête parlementaire.
Agnès Evren, 55 ans, est une figure politique engagée sur les questions éducatives. Ancienne assistante parlementaire, elle a travaillé auprès de plusieurs ministres de l'Éducation nationale sous les gouvernements de François Fillon. Élue députée européenne en 2019, elle est devenue sénatrice en 2023 après avoir mené une liste dissidente. Au Sénat, elle siège à la commission de la culture, de l'éducation et de la communication. Elle est également connue pour avoir proposé une loi visant à interdire les téléphones portables dans les collèges, mesure expérimentée puis généralisée à la rentrée 2025. Elle a aussi été nommée porte-parole du parti Les Républicains après avoir soutenu Bruno Retailleau lors du congrès de 2025.
Dans un communiqué, la sénatrice a dénoncé un « véritable système d'omerta » qui se serait installé autour de ces violences. Elle a estimé que « la responsabilité pénale de la municipalité parisienne sortante doit être interrogée d'urgence ». Déclarant que « la protection de l'enfance ne saurait tolérer ni l'improvisation, ni l'inertie, ni l'omerta », elle a fixé un cap clair à la commission d'enquête.
Des travaux attendus à l'automne
La commission d'enquête devrait entamer ses travaux au mois de juin. Ses conclusions sont attendues à l'automne prochain. Son objectif est de produire un rapport détaillé sur l'ampleur et la nature des violences commises dans le cadre périscolaire, un sujet jusqu'alors peu documenté au niveau national.
Cette initiative marque une étape dans la prise en compte des violences faites aux enfants en dehors du temps scolaire. Elle pourrait déboucher sur des recommandations visant à renforcer les contrôles, les procédures de signalement et la protection des mineurs dans les accueils de loisirs, les garderies et autres structures périscolaires.