Une patiente sur deux déclare avoir été confrontée à des violences obstétricales ou gynécologiques au cours de sa vie. C’est ce que met en lumière la première enquête nationale consacrée au consentement dans ces spécialités médicales, pilotée par le collectif Stop Vog et rendue publique ce jeudi.

L’étude, qui a recueilli les réponses de plusieurs milliers de femmes, indique qu’environ un quart des Françaises auraient déjà été victimes de violences gynécologiques au sens strict — c’est-à-dire un acte médical brutal, une parole humiliante ou un examen réalisé sans leur accord explicite. Un chiffre qui monte à près d’une sur deux si l’on inclut l’ensemble des violences obstétricales, notamment celles survenues lors de l’accouchement.

Des gestes non consentis et des paroles blessantes

Les témoignages recueillis décrivent des situations variées : des examens réalisés sans information préalable, des remarques dégradantes sur le corps ou l’intimité des patientes, ou encore des interventions pratiquées sans que la femme puisse donner son consentement libre et éclairé. « On ne vous demande pas votre avis, on vous dit ce qu’on va vous faire », résume une participante dans les verbatim transmis par le collectif.

Parmi les actes le plus souvent cités figurent les touchers vaginaux répétés sans justification médicale claire, les épisiotomies non consenties lors de l’accouchement, ou encore les remarques humiliantes pendant la consultation. Plusieurs répondantes rapportent également avoir été maintenues de force lors d’un examen.

Un phénomène longtemps tabou

Ces violences, longtemps tues ou minimisées, sont aujourd’hui mises en lumière par cette étude menée en ligne. Le collectif Stop Vog, à l’origine de l’enquête, milite pour une meilleure information des patientes et une formation renforcée des professionnels de santé. Les résultats de l’étude visent à objectiver l’ampleur d’un phénomène encore mal documenté en France.

L’enquête insiste sur la notion de consentement, qui devrait être recueilli pour chaque geste médical, même en urgence. « Le fait d’être nu ou déshabillé devant un soignant ne signifie pas que l’on accepte tout », souligne un des documents diffusés par le collectif.

Quelles suites pour cette enquête ?

Si l’étude ne se substitue pas aux données institutionnelles, elle constitue un signal fort adressé aux pouvoirs publics et au corps médical. Plusieurs associations et professionnels de santé réclament depuis des années une évolution des pratiques, notamment par l’introduction systématique du recueil du consentement écrit avant tout examen invasif.

Le collectif Stop Vog appelle à une prise de conscience collective et à des mesures concrètes : intégration de la notion de consentement dans les programmes de formation initiale et continue des médecins et sages-femmes, création de protocoles clairs dans les maternités et les cabinets, et mise en place de procédures de signalement accessibles aux patientes.

Cette publication intervient alors que le débat sur le consentement en médecine gynécologique et obstétricale connaît un regain d’attention, porté par des témoignages de patientes et des mobilisations citoyennes.