La célèbre œuvre provocatrice de l’artiste italien Maurizio Cattelan, intitulée « Comedian », a été dérobée samedi après-midi au Centre Pompidou-Metz. Selon des informations concordantes, un visiteur a arraché du mur la banane scotchée qui est le cœur de cette installation, un acte qui a conduit la direction du musée à déposer une plainte contre X.

Le Centre Pompidou-Metz a réagi rapidement en remplaçant le fruit volé par une nouvelle banane, permettant ainsi à l’exposition de se poursuivre sans interruption. La direction n’a pas souhaité commenter l’incident au-delà du communiqué confirmant le dépôt de plainte et la substitution de l’élément comestible.

Ce n’est pas la première fois que la fragilité de « Comedian » est mise à l’épreuve. En juillet dernier, un visiteur d’une autre exposition avait déjà mangé la banane, obligeant les équipes à la remplacer sur-le-champ. L’artiste avait alors interprété ce geste comme une performance inattendue ajoutant à la vie de l’œuvre.

« Comedian » a été créée par Maurizio Cattelan en 2019 et a immédiatement suscité la polémique dans le monde de l’art. L’œuvre, qui consiste en une banane fraîche fixée au mur à l’aide d’un ruban adhésif argenté, a été vendue à plusieurs reprises, atteignant le prix de 6,2 millions de dollars lors d’une vente aux enchères chez Sotheby’s à New York. Ce montant a contribué à faire de cette banane l’une des œuvres d’art contemporain les plus commentées de ces dernières années.

La valeur de l’œuvre ne réside pas dans le fruit périssable lui-même, mais dans le certificat d’authenticité et les instructions de l’artiste pour la re-créer. Ainsi, chaque exposition de « Comedian » implique l’achat d’une banane ordinaire, scotchée selon les spécifications de Cattelan. Ce principe permet de remplacer le fruit à volonté, ce qui explique la rapidité avec laquelle le Centre Pompidou-Metz a pu rétablir l’installation après le vol.

L’enquête a été confiée aux services de police, qui cherchent à identifier le voleur. Le musée n’a pas précisé si des mesures de sécurité supplémentaires ont été mises en place depuis l’incident. Ce vol soulève une nouvelle fois la question de la conservation des œuvres d’art contemporain dont le support est périssable, et interroge sur la frontière entre l’œuvre et l’objet du quotidien. L’exposition se poursuit normalement, la nouvelle banane occupant la même place sur le mur blanc de la galerie.