À la veille de pourparlers diplomatiques réunissant les dirigeants de trois grandes puissances européennes à Londres, l'Ukraine a accusé la Russie d'avoir délibérément frappé un entrepôt de combustibles nucléaires usés situé à proximité de la centrale de Tchernobyl, dans le nord du pays.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié cette attaque d'« infâme » et de « frappe russe délibérée » contre une « infrastructure extrêmement critique ». Selon l'opérateur nucléaire public ukrainien Energoatom, le bâtiment de stockage a été « partiellement détruit » par un drone russe. Les équipes de secours ont maîtrisé un incendie qui s'était déclaré sur le site, et aucune victime n'est à déplorer. Les relevés de radiation demeurent à un niveau normal, ont précisé les autorités locales.
Rencontre au sommet à Downing Street
Ce dimanche, le Premier ministre britannique Keir Starmer accueille au 10 Downing Street son homologue ukrainien, ainsi que le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz. Les trois puissances européennes – connues sous l'appellation « E3 » – figurent parmi les plus fervents soutiens de Kiev. Le Royaume-Uni et la France pilotent notamment l'initiative dite de « coalition des volontaires », destinée à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine dans le cadre d'un éventuel processus de paix futur.
La réunion de Londres fait suite à une précédente rencontre en décembre, à une époque où les États-Unis cherchaient activement à imposer un cessez-le-feu rapide. Depuis, les efforts de médiation américains se sont essoufflés, l'attention de Washington s'étant détournée vers d'autres crises internationales.
Contexte militaire élargi
Le bombardement de Tchernobyl intervient alors que l'armée russe a intensifié ses frappes dans plusieurs régions ukrainiennes. Les autorités locales ont fait état d'au moins trois morts dans un village de la région de Zaporijjia, dans le sud-est du pays, une zone déjà soumise à des attaques répétées. Deux personnes avaient déjà péri dans la même région la veille.
Zelensky a dressé un bilan de l'activité militaire russe de la semaine écoulée, évoquant 88 missiles, plus de 3 250 drones et près de 1 800 bombes guidées lancés par Moscou. De son côté, l'Ukraine a mené une attaque de drones « sans précédent » contre Saint-Pétersbourg et ses environs samedi, alors que la ville accueillait le dernier jour d'un forum économique majeur. Deux jours plus tôt, Kiev avait déjà visé la périphérie de cette même cité, provoquant un important panache de fumée noire.
Putin oppose une fin de non-recevoir
Sur le plan diplomatique, le président russe Vladimir Poutine a rejeté vendredi une proposition de rencontre directe formulée par Zelensky, estimant qu'un tel tête-à-tête n'aurait « pas de sens ». Dans une lettre ouverte, le dirigeant ukrainien avait plaidé pour des négociations directes, jugeant qu'il serait « erroné d'attendre simplement » que le conflit revienne au centre des préoccupations américaines. Poutine a réitéré sa position selon laquelle une trêve ne ferait que permettre à l'Ukraine de se réorganiser, et qu'il ne mettrait fin à la guerre que lorsque les objectifs russes seraient atteints.
Des infrastructures nucléaires sous la menace
L'attaque sur Tchernobyl relance les inquiétudes quant à la sécurité des installations nucléaires en temps de guerre. La centrale, désaffectée après la catastrophe de 1986, abrite toujours des déchets radioactifs. Energoatom a dénoncé une menace délibérée contre la sécurité nucléaire, un grief repris par Zelensky. La communauté internationale suit de près la situation, alors que le site de Zaporijjia, la plus grande centrale nucléaire d'Europe, est occupé par les forces russes depuis le début de l'invasion.