Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré, lundi 8 juin, avoir eu une conversation téléphonique « très positive » avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, saluant leur volonté de redonner une impulsion aux négociations pour tenter de mettre fin à la guerre déclenchée par la Russie.

« Je suis reconnaissant de leur volonté de travailler de la manière la plus active possible, dans les semaines à venir, pour redonner un élan à la diplomatie visant à mettre fin à la guerre de la Russie contre l’Ukraine », a écrit M. Zelensky sur le réseau social Telegram, alors qu’il effectuait une escale aérienne en Moldavie. Il a ajouté que cet échange s’était déroulé alors qu’il rentrait à Kiev après des entretiens à Londres avec les dirigeants britannique, français et allemand. Ceux-ci avaient apporté leur soutien, quelques jours plus tôt, à la proposition de M. Zelensky d’ouvrir un dialogue direct avec Moscou.

Des discussions dans un contexte de tensions iraniennes

Au cours de cet appel, les deux parties ont évoqué les perspectives offertes par le prochain sommet du G7, prévu à Évian, en France, à la mi-juin, ainsi que d’autres rendez-vous diplomatiques. Selon le président ukrainien, il a également fourni à ses interlocuteurs des informations sur les « intentions » de la Russie. « Nous comprenons que l’attention du monde entier soit focalisée sur la situation autour de l’Iran. Mais notre objectif commun de paix en Europe reste à l’ordre du jour », a-t-il souligné, confirmant que la crise au Moyen-Orient accapare une grande partie de l’attention de l’administration américaine.

Ces derniers mois, plusieurs cycles de pourparlers sous médiation américaine n’ont pas permis de rapprocher les positions de Kiev et de Moscou. Le processus s’est enlisé à mesure que Washington recentrait ses priorités sur le dossier iranien. Les émissaires américains, Steve Witkoff et Jared Kushner — ce dernier étant le gendre du président Donald Trump — supervisent ces discussions, qui étaient au point mort.

La proposition d’un tête-à-tête rejetée par Moscou

La semaine dernière, Volodymyr Zelensky a proposé à son homologue russe Vladimir Poutine une rencontre en tête-à-tête pour négocier une sortie du conflit. Vladimir Poutine a rejeté cette idée, exigeant un accord final préalable avant toute rencontre. Le pouvoir russe réclame notamment des concessions politiques et territoriales, dont un retrait complet des forces ukrainiennes de la région de Donetsk, dans l’est du pays, conditions que Kiev rejette en les assimilant à une capitulation.

Le chef de l’État ukrainien a également évoqué à plusieurs reprises la possibilité d’une visite des deux émissaires américains à Kiev, ce qui serait une première depuis le début de l’invasion à grande échelle lancée par la Russie en février 2022. Début juin, il avait regretté que l’organisation de cette visite prenne « beaucoup de temps », tout en reconnaissant que la crise en Iran constitue pour l’heure « le problème numéro un » de Washington.

Un espoir de redynamisation diplomatique

Malgré les blocages persistants, M. Zelensky a exprimé sa gratitude envers les États-Unis pour ce qu’il a qualifié d’« appréciation positive de la position de l’Ukraine ». Ce nouvel échange téléphonique intervient après une semaine marquée par des frappes de drones et des tensions militaires accrues, notamment l’écrasement d’un drone en Moldavie et un autre abattu par l’Otan en Lettonie. La communauté internationale suit de près l’évolution des discussions, alors que le conflit, qui dure depuis plus de quatre ans, continue de faire des victimes et de déstabiliser la région.