La marque d’eau minérale Volvic a été reconnue coupable de pratiques commerciales trompeuses par le tribunal judiciaire de Paris, a-t-on appris ce lundi 29 juin. La décision porte sur deux allégations environnementales jugées abusives : la mention « neutre en carbone » et l’affirmation selon laquelle les bouteilles seraient « 100 % recyclée ». Cette condamnation intervient dans le cadre d’une action menée par des associations de consommateurs et de défense de l’environnement, qui dénonçaient depuis plusieurs mois un cas de greenwashing.

Des allégations jugées infondées

Le tribunal a considéré que la promesse de neutralité carbone, qui laissait entendre que le produit n’avait aucun impact sur le climat, n’était pas suffisamment étayée par des preuves tangibles. Les juges ont estimé que le système de compensation par crédits carbone, sur lequel s’appuyait la marque, ne pouvait être présenté comme une véritable neutralité, car il n’effaçait pas les émissions réelles liées à la production et au transport des bouteilles. L’affirmation selon laquelle les bouteilles étaient composées à 100 % de matière recyclée a également été remise en cause : la juridiction a relevé que les bouchons et les étiquettes, entre autres éléments, n’étaient pas intégralement recyclés, rendant l’allégation globale trompeuse pour le consommateur.

Une décision lourde de conséquences pour la marque

Outre la reconnaissance de la tromperie, le tribunal a ordonné à Volvic de cesser d’utiliser ces mentions sur ses communications commerciales et ses emballages. La marque devra également publier un avis rectificatif dans plusieurs médias nationaux afin d’informer le public de cette condamnation. Le montant des dommages et intérêts n’a pas encore été précisé, mais les associations à l’origine de la plainte ont salué une décision « historique » qui envoie un signal fort à l’ensemble du secteur agroalimentaire. Cette décision s’inscrit dans un contexte de durcissement de la réglementation contre le greenwashing : la loi Climat et Résilience de 2021 impose désormais des critères stricts pour l’utilisation d’arguments environnementaux dans la publicité.

Un tournant pour la communication environnementale des entreprises

Cette affaire illustre l’exigence croissante des autorités et des consommateurs quant à la sincérité des engagements écologiques des marques. De nombreuses entreprises utilisent des allégations de neutralité carbone ou de recyclabilité pour séduire une clientèle de plus en plus soucieuse de l’environnement, mais les juges rappellent que ces promesses doivent être étayées par des données vérifiables et des certifications reconnues. La condamnation de Volvic pourrait faire jurisprudence et inciter d’autres acteurs à revoir leur communication sous peine de sanctions similaires. La marque, qui n’a pas encore réagi officiellement à ce stade, dispose d’un délai pour faire appel.