L'ambassadeur des États-Unis au Mexique, Ronald Johnson, a déclaré ce lundi que 313 criminels recherchés par les autorités mexicaines avaient été remis à Mexico. Dans un message publié sur le réseau social X, le diplomate a qualifié cette opération de « nouvel exemple de la coopération forte » entre les deux pays voisins, sous l'administration du président américain Donald Trump.

Un transfert présenté comme un signe de coopération

Le diplomate a précisé que les agents de la patrouille frontalière américaine dans la vallée du Rio Grande avaient notamment interpellé et renvoyé un ressortissant mexicain recherché dans son pays pour proxénétisme sur mineur et agression sexuelle. Ce cas particulier illustre, selon lui, l'engagement de Washington à collaborer avec les autorités judiciaires mexicaines. « Sous l'administration du président Donald Trump, les États-Unis ont transféré 313 criminels recherchés au Mexique pour qu'ils y soient traduits en justice », a-t-il écrit.

Des relations bilatérales en demi-teinte

Si cette annonce semble témoigner d'une certaine avancée dans la coopération judiciaire, les relations entre Washington et Mexico demeurent marquées par de fortes tensions. Celles-ci se cristallisent autour du cas du gouverneur de l'État de Sinaloa, Rubén Rocha Moya. Celui-ci s'est mis en retrait temporaire de ses fonctions au début du mois de mai, à la suite de l'ouverture d'une enquête le concernant pour des accusations de narcotrafic.

Les États-Unis cherchent à obtenir l'arrestation et l'extradition d'une dizaine de responsables politiques proches du gouvernement de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, parmi lesquels figure Rubén Rocha Moya, en raison de liens présumés avec le trafic de stupéfiants.

Des divergences sur les extraditions réciproques

De son côté, la présidente Claudia Sheinbaum a conditionné toute coopération supplémentaire à la présentation de preuves solides par les autorités américaines. Elle a également rappelé, à la mi-mai, que des centaines de demandes d'extradition formulées par le Mexique à l'encontre de ressortissants se trouvant aux États-Unis n'avaient jamais été honorées par Washington. Cette asymétrie dans les échanges d'individus recherchés constitue un point de friction récurrent entre les deux capitales.

Ce transfert de 313 personnes intervient donc dans un contexte diplomatique complexe, où chaque geste de coopération est scruté à l'aune des contentieux plus vastes qui opposent les deux administrations, notamment en matière de lutte contre le narcotrafic et de souveraineté judiciaire.