Les États-Unis ont durci leur dispositif de sanctions contre Cuba en visant directement le sommet de l’appareil d’État et des personnalités historiques du régime. Jeudi 4 juin, le département du Trésor a inscrit sur sa liste noire le président Miguel Díaz-Canel, ainsi que plusieurs membres de la famille Castro, dont le fils et un petit-fils de l’ancien dirigeant Raúl Castro. L’épouse du chef de l’État et le fils de celle-ci figurent également sur cette liste, de même que le ministère des Forces armées révolutionnaires.

Miguel Díaz-Canel faisait déjà l’objet, depuis juillet 2025, de sanctions imposées par la diplomatie américaine. Cette nouvelle vague étend les mesures restrictives à son entourage proche et à des figures clés de l’ancienne génération au pouvoir. Le fils de Raúl Castro, Alejandro Castro Espín, avait joué un rôle central dans les négociations secrètes ayant abouti au rétablissement des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis en 2015.

Réactions indignées de La Havane

La réponse cubaine ne s’est pas fait attendre. Sur le réseau X, le président Díaz-Canel a dénoncé « l’agressivité et la perversité du gouvernement yankee », affirmant que ces sanctions « visent à renforcer les mesures de blocus et le climat de conflit entre Cuba et les États-Unis ». Il a promis que son gouvernement « résistera à l’attaque impériale ». Le ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a pour sa part qualifié ces nouvelles restrictions de « dernière démonstration du plan interventionniste américain visant à présenter Cuba comme une menace pour la sécurité nationale des États-Unis ».

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, d’origine cubaine et fervent opposant au pouvoir en place à La Havane, a justifié ces mesures dans un communiqué. Selon lui, « les entités et personnes désignées aujourd’hui dirigent ou financent le régime et ses efforts pour mobiliser ses mouvements révolutionnaires radicaux aux États-Unis ». Il a également affirmé poursuivre « le démantèlement du cartel militaire qui a accaparé tout le pouvoir économique à Cuba au profit d’un petit cercle d’élites du régime », en référence au conglomérat d’entreprises Gaesa.

Le conglomérat Gaesa dans le viseur

Ce groupe d’administration d’entreprises, connu sous l’acronyme Gaesa, est déjà sous le coup de sanctions américaines. Sa situation s’est aggravée ces dernières semaines avec le retrait de partenaires étrangers de l’île. Plusieurs groupes hôteliers internationaux ont ainsi mis fin à la gestion de près d’une centaine d’établissements sur l’île, pour la plupart liés à Gaesa. Par ailleurs, les paiements par cartes Visa et Mastercard ont dû être suspendus, ce qui complique encore l’activité économique.

Les sanctions américaines entraînent le gel des avoirs que les personnes ou entités désignées détiennent aux États-Unis. Elles interdisent également à toute entreprise ou citoyen américain de commercer avec elles, sous peine d’être frappé à son tour.

Escalade des tensions depuis le début de l’année

Les relations entre Washington et La Havane se sont considérablement tendues ces derniers mois. L’administration Trump a imposé un blocus pétrolier de facto, multiplié les sanctions contre des entreprises et dirigeants cubains, et inculpé l’ancien président Raúl Castro dans une affaire remontant à 1996.

Interrogé jeudi dans le Bureau ovale sur l’objectif de ces nouvelles sanctions, le président américain Donald Trump a déclaré vouloir « simplement que ce soit un pays bien géré, qui puisse nourrir son peuple ». Il avait déjà estimé que Cuba représentait « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis et menacé à plusieurs reprises d’en « prendre le contrôle ».