Des propositions pour contrer le chômage des jeunes
L’ancien secrétaire d’État à la Santé, Wes Streeting, a avancé l’idée d’une réduction ciblée des cotisations patronales d’assurance nationale (National Insurance) comme levier pour encourager les entreprises à embaucher davantage de jeunes. Dans un entretien accordé à un journal dominical, il a estimé qu’il fallait « rendre plus facile pour les entreprises d’employer des jeunes et de prendre ce risque ». Il a précisé que cette incitation pourrait passer par « une réduction ciblée des cotisations patronales d’assurance nationale ou d’autres incitations à l’embauche et à la rétention ».
Cette suggestion intervient alors que la publication récente d’un rapport commandé par le gouvernement, rédigé par Alan Milburn, a mis en lumière la progression du nombre de jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET). Milburn a indiqué que des employeurs lui avaient confié que les hausses des cotisations patronales et du salaire minimum décidées par le gouvernement avaient freiné leurs recrutements. Toutefois, il a nuancé ce constat en soulignant que la Commission des bas salaires (Low Pay Commission) « a conclu qu’il n’y a pas d’impact direct et uniforme » de ces hausses sur le taux d’emploi des jeunes. Milburn a également rappelé que le phénomène des NEET n’est pas récent et « existe depuis des temps immémoriaux ».
L’exécutif travailliste a pour sa part rappelé que de nombreux jeunes sont déjà exemptés de cotisations patronales : celles-ci ne sont pas dues pour les salariés de moins de 21 ans, sauf si leur rémunération dépasse 50 000 livres sterling par an. Le gouvernement a également souligné sa priorité, à savoir la mise en œuvre de « la plus grande réforme de l’emploi des jeunes depuis une génération », destinée à aider 500 000 jeunes à trouver un travail. Parmi les mesures déjà annoncées figurent des « subventions à l’emploi des jeunes » de 3 000 livres sterling pour les employeurs embauchant une personne âgée de 18 à 24 ans qui perçoit des prestations sociales et est au chômage depuis six mois ou plus.
Un virage sur la politique pétrolière et gazière
Wes Streeting s’est également démarqué de la ligne officielle du gouvernement en matière d’énergies fossiles. Alors que le manifeste travailliste de 2024 affirmait qu’aucune nouvelle licence d’exploration ne serait accordée, jugeant qu’elles « ne réduiront pas les factures, ne garantiront pas la sécurité énergétique et ne feront qu’accélérer la crise climatique », l’ancien ministre s’est prononcé en faveur de l’octroi de nouvelles licences de forage en mer du Nord.
Interrogé sur la question, il a déclaré : « Oui. Je pense que c’est probablement là qu’Ed aboutira. Lorsqu’il prendra une décision, je serais surpris que ce ne soit pas le cas. » Il a ajouté que « l’octroi de ces licences ne se traduira pas nécessairement par des factures moins chères, mais il se traduira par des recettes fiscales plus élevées ». Cette prise de position intervient alors que le secrétaire à l’Énergie, Ed Miliband, examine les demandes déjà déposées pour les champs gaziers de Jackdaw et Rosebank, des projets antérieurs à l’arrivée du gouvernement Starmer.
Les conservateurs et le parti Reform UK font pression sur le Premier ministre pour qu’il autorise davantage de forages, arguant qu’il serait « irresponsable » de ne pas exploiter les ressources nationales, dans un contexte de hausse des prix de l’énergie liée au conflit en Iran. En réponse, sir Keir Starmer a rappelé que le pétrole et le gaz continueront d’être extraits et utilisés au Royaume-Uni, mais que l’avenir énergétique passe par une transition vers les énergies renouvelables soutenue par le nucléaire.
Un positionnement politique assumé
Depuis son départ du gouvernement il y a un peu plus de deux semaines, Wes Streeting n’hésite pas à se démarquer des politiques menées par sir Keir Starmer. Il a déjà déclaré que l’avenir du pays réside « un jour dans l’Union européenne », et a appelé à l’instauration d’un « impôt sur la fortune ». Il a également laissé entendre qu’il pourrait se présenter à la direction du Parti travailliste si une élection interne devait avoir lieu. Ses dernières propositions, sur les cotisations et les forages, confirment sa volonté de tracer une ligne distincte au sein de la majorité.