À l’approche de la rencontre très attendue face à la Nouvelle-Zélande dans le cadre du Championnat des nations, le manageur du XV de France a tenu à clarifier sa position concernant l’absence du capitaine Antoine Dupont pour les premières échéances de la compétition. Alors que la pression monte et que certains observateurs s’interrogent sur la profondeur de l’effectif à son poste, Xavier Galthié a réaffirmé que ce choix relevait d’une planification réfléchie et non d’une quelconque défiance envers des joueurs comme Maxime Lucu ou Matthieu Jalibert.
« La décision a été prise en amont, avec le staff médical et le joueur lui-même. Nous savions que le calendrier serait très dense et qu’il fallait gérer les temps de jeu de manière optimale. Antoine est un élément clé, mais nous devons aussi préparer l’avenir et ne pas épuiser nos forces vives trop tôt », a expliqué le technicien en conférence de presse.
Cette gestion des ressources humaines a été critiquée par certains commentateurs, qui estiment que le poste de demi de mêlée manque de solutions alternatives de niveau international. En l’absence de Dupont, c’est Maxime Lucu qui a été aligné en numéro 9 lors du premier match du tournoi, associé à Matthieu Jalibert. Cette charnière, bien que performante en club, n’a pas encore convaincu tous les observateurs de sa capacité à rivaliser avec les meilleures nations.
Galthié a également été interrogé sur les critiques récurrentes concernant le manque de concurrence à ce poste. « Nous avons un groupe élargi, des jeunes qui poussent derrière. Il faut leur donner du temps de jeu pour qu’ils s’aguerrissent. Ce n’est pas en ne les lançant jamais qu’on les prépare aux grandes échéances », a-t-il ajouté.
Le sélectionneur a par ailleurs dénoncé ce qu’il qualifie d’« arrangements » trop fréquents dans le rugby international, citant en exemple le fait que l’Irlande ait pu disputer une rencontre contre le Japon sur terrain neutre en Australie, alors que les Bleus, eux, doivent se déplacer à Tokyo pour affronter les mêmes Nippons. « On parle d’équité sportive. Si on veut que la compétition soit crédible, il faut que les règles soient les mêmes pour tous. Là, ce n’est pas toujours le cas », a-t-il souligné, sans toutefois remettre en cause le travail des organisateurs.
Un calendrier sous tension
Le XV de France entame cette compétition avec un groupe rajeuni et plusieurs cadres mis au repos. Outre Antoine Dupont, Damian Penaud a également déclaré forfait pour la fin du tournoi, ce qui réduit encore les options offensives des Bleus. Thomas Ramos a été promu à l’arrière, tandis que l’attaque s’appuie sur des jeunes comme Louis Bielle-Biarrey ou Émilien Gailleton.
Le match face aux All Blacks samedi prochain constituera un test grandeur nature pour cette équipe remaniée. Galthié n’a pas caché son respect pour l’adversaire, mais il a tenu à rappeler que son objectif premier reste la performance sur la durée. « On ne gagne pas une compétition en alignant la même équipe tous les week-ends. Il faut savoir gérer les temps de jeu, préserver les organismes et faire confiance à tout le groupe », a-t-il insisté.
Arlettaz enthousiaste sur l’association Ntamack-Jalibert
Par ailleurs, l’entraîneur des trois-quarts, Patrick Arlettaz, s’est montré confiant quant à la complémentarité entre Romain Ntamack et Matthieu Jalibert, titulaires lors des derniers matchs. « Ce sont deux garçons intelligents qui parlent le même rugby, qui se comprennent parfaitement sur le terrain. Ils ont des qualités complémentaires : Ntamack apporte de la stabilité et de la vision, Jalibert de la vitesse et de la percussion », a-t-il déclaré, validant ainsi l’option retenue par le sélectionneur pour animer la ligne de trois-quarts.
Malgré les critiques, la confiance semble donc régner au sein du staff technique, qui mise sur la montée en puissance de l’effectif pour aborder les phases finales du Championnat des nations. Prochaine étape : le défi physique face aux All Blacks, qui en dira long sur la solidité de ce XV de France version 2026.