Le tribunal correctionnel de Strasbourg a rendu son verdict dans l’affaire de la mort d’un jeune lynx boréal survenue en 2024 dans le Bas-Rhin. La prévenue, une femme âgée de 62 ans domiciliée à Niederbronn-les-Bains, a été condamnée à une peine de trois mois de prison avec sursis et à une amende de 30 300 euros.
Les faits et la défense
L’animal avait été retrouvé mort dans le poulailler de la sexagénaire. Lors de l’audience, la femme a indiqué avoir agi pour « sauver sa poule », selon les informations rapportées. Son avocate a plaidé la cause d’« une femme ordinaire qui a agi dans un moment de panique ».
Répartition de l’amende
Sur le montant total de l’amende, 5 300 euros sont destinés au centre Athénas, une association de protection de la faune sauvage, ainsi qu’à d’autres associations constituées parties civiles. Le solde, soit 25 000 euros, a été prononcé au titre du « préjudice écologique ». Cette somme vise à réparer l’atteinte portée à une espèce protégée.
Réactions des associations
L’association de défense des animaux One Voice, qui s’était portée partie civile, a salué une décision qui « constitue une reconnaissance de l’atteinte portée à une espèce strictement protégée ». Elle a toutefois nuancé en estimant que « la condamnation reste faible au regard de sa gravité ». L’association a également souligné qu’« il reste du chemin avant que le droit ne reconnaisse le préjudice propre à l’animal en tant qu’individu, attaché à sa vie et à son existence même ».
Contexte de l’espèce
Le lynx boréal est une espèce strictement protégée en France. Selon les estimations du centre Athénas, il resterait aujourd’hui entre 120 et 150 lynx boréaux adultes sur le territoire national. La population de ce félin, victime notamment des collisions routières et de la fragmentation de son habitat, est considérée comme fragile.