Une proposition de loi destinée à mieux protéger la population contre les dangers du cadmium a été adoptée en commission à l’Assemblée nationale, annoncent les auteurs du texte. Ce métal lourd, classé cancérogène, est présent dans de nombreux produits du quotidien, des engrais phosphatés aux batteries, en passant par les pigments et les revêtements métalliques. Le texte, porté par les députés écologistes, sera débattu dans l’hémicycle dès la semaine prochaine pour un vote solennel.

Un objectif de réduction drastique de l’exposition

La proposition de loi fixe un cap ambitieux : abaisser l’exposition de la population au cadmium d’au moins 50 % d’ici à 2030. Pour y parvenir, elle prévoit un ensemble de mesures contraignantes. Parmi elles, l’interdiction progressive de l’utilisation du cadmium dans les engrais phosphatés, qui constituent l’une des principales sources de contamination des sols et des cultures. Le texte impose également un étiquetage obligatoire pour informer les consommateurs de la teneur en cadmium des produits mis sur le marché, notamment alimentaires.

Des contrôles renforcés et un objectif de surveillance

Outre les restrictions d’usage, le texte prévoit un renforcement des contrôles sur les produits importés, afin d’éviter que la réglementation française ne soit contournée par des biens fabriqués à l’étranger. Il instaure aussi un objectif de surveillance biologique de la population : des analyses devront être menées régulièrement pour mesurer l’imprégnation au cadmium des Français, et ainsi adapter les politiques publiques en fonction des résultats.

Un sujet de santé publique et environnementale

Le cadmium est un métal lourd particulièrement toxique. Il s’accumule dans l’organisme tout au long de la vie, principalement dans les reins et les os, et peut provoquer des cancers du poumon, de la prostate et du rein. L’exposition chronique, même à faibles doses, est associée à des maladies rénales et à une fragilisation osseuse. Les agriculteurs, les riverains de sites industriels et les consommateurs de certains aliments (céréales, légumes, abats) sont les plus exposés.

Selon les données disponibles, une part significative de la population française présente des niveaux d’imprégnation au cadmium supérieurs aux seuils sanitaires recommandés. Plusieurs études ont mis en évidence la présence de ce métal dans les sols agricoles, notamment en raison de l’épandage d’engrais phosphatés contenant du cadmium.

Un vote à venir dans l’hémicycle

Le texte a recueilli un soutien transpartisan en commission, mais son examen en séance publique pourrait donner lieu à des débats nourris, notamment sur le calendrier des interdictions et les compensations pour les filières agricoles et industrielles concernées. Le groupe écologiste, à l’initiative de cette proposition, espère une adoption rapide pour envoyer un signal fort en matière de santé environnementale.

La discussion dans l’hémicycle est prévue la semaine prochaine. Si elle est adoptée, la France deviendrait l’un des premiers pays européens à se doter d’une législation aussi complète sur la réduction de l’exposition au cadmium.