Des associations de protection de l’enfance en ligne ont exhorté l’administration Trump à ouvrir une enquête sur Roblox, la plateforme de jeux et de messagerie utilisée quotidiennement par 150 millions de personnes, dont une proportion importante d’enfants de moins de 13 ans. Le mouvement Anxious Generation, fondé par l’écrivain Jonathan Haidt, auteur d’un best-seller sur les impacts de la santé mentale liés aux réseaux sociaux, s’est joint à l’association Fairplay et au National Center on Sexual Exploitation, un groupe conservateur de lutte contre la pornographie, pour déposer un dossier auprès de la Federal Trade Commission (FTC).
Des accusations sur la conception et le modèle économique
Dans leur saisine, ces organisations critiquent ce qu’elles appellent les « fonctionnalités de conception maximisant l’engagement » de Roblox. Elles affirment que les outils de chat vocal et textuel de la plateforme « exposent à plusieurs reprises les enfants à du contenu sexuel et à des adultes malveillants, ce qui entraîne une exploitation et des abus sexuels ». Elles dénoncent également la monnaie virtuelle du jeu, le Robux, qui selon elles « monétise le manque de contrôle des impulsions » des jeunes utilisateurs.
Les plaignants estiment que la conception et le modèle économique de Roblox entrent en conflit avec les besoins développementaux des enfants. Le dossier déposé auprès de la FTC vise à obtenir une enquête fédérale sur ces pratiques.
Un contexte de vigilance accrue
Roblox, qui permet à ses utilisateurs de créer et de partager leurs propres mondes virtuels, est particulièrement populaire auprès des préadolescents. La plateforme a déjà fait l’objet de critiques par le passé pour la modération insuffisante de ses contenus et les risques de contact entre adultes et mineurs. Les associations qui ont saisi la FTC espèrent que cette procédure aboutira à des mesures contraignantes pour protéger les mineurs.
Cette nouvelle offensive intervient alors que les débats sur la sécurité des enfants en ligne s’intensifient aux États-Unis, plusieurs États ayant adopté des lois visant à renforcer la protection des jeunes sur les réseaux sociaux et les plateformes de jeu. La FTC n’a pas encore indiqué si elle donnerait suite à cette demande d’enquête.