La compagnie minière BHP a concédé que sa stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre accuse un retard, une révélation qui survient alors que le premier ministre d’Australie-Occidentale, Roger Cook, exhorte les grands groupes miniers à honorer leur « obligation morale » de décarboner leurs activités.
Un haut responsable de la division des minerais de fer de BHP en Australie-Occidentale a reconnu que le groupe peinait à respecter ses objectifs climatiques, sans pouvoir fournir un calendrier précis pour le remplacement des camions diesel, l’une des principales sources d’émissions de l’entreprise. Cette confession fait suite à la publication de documents internes, obtenus dans le cadre d’une enquête conjointe menée par des médias australiens, qui montrent que le plus grand groupe minier mondial a « mis un frein » à sa transition énergétique.
Un engagement en berne
Selon les informations divulguées, BHP aurait revu à la baisse ses ambitions de décarbonation, une évolution que des experts jugent préoccupante pour les objectifs nationaux de réduction des émissions de l’Australie. Le gouvernement fédéral australien s’est engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, mais les retards dans l’industrie minière pourraient compromettre cette trajectoire.
Le premier ministre Roger Cook a déclaré que les grandes compagnies minières avaient « une importante obligation morale » de réduire leur empreinte carbone, appelant le secteur à accélérer ses investissements dans les technologies propres. « Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre », a-t-il affirmé, sans toutefois préciser de mesures concrètes à l’encontre des contrevenants.
Des documents qui embarrassent BHP
Les documents internes, qui ont fuité dans le cadre d’une enquête approfondie, révèlent que la direction de BHP aurait décidé de ralentir le déploiement de solutions de remplacement pour ses engins de chantier, notamment les camions électriques ou à hydrogène. Un cadre de l’entreprise a reconnu que les coûts de transition et les contraintes techniques expliquent ce décalage.
« Nous sommes déterminés à réduire nos émissions, mais les défis technologiques et économiques sont réels », a indiqué le responsable de BHP en Australie-Occidentale, tout en refusant de s’engager sur une date butoir pour le renouvellement de la flotte diesel.
Réactions et enjeux
Des organisations environnementales ont dénoncé ce qu’elles qualifient de « manque de volonté » de la part du géant minier. Certaines estiment que ces révélations illustrent l’écart entre les promesses climatiques des grandes entreprises et leurs actions concrètes.
Par ailleurs, la question de la responsabilité des États et des gouvernements locaux est posée. L’Australie-Occidentale est un pôle majeur de l’industrie minière, et ses décisions en matière de régulation environnementale sont scrutées de près. Le gouvernement Cook pourrait être tenté de durcir sa législation pour forcer les entreprises à respecter leurs engagements.
Implications pour l’Australie
L’Australie, l’un des plus grands exportateurs mondiaux de charbon et de minerai de fer, est confrontée à une pression croissante pour aligner ses politiques énergétiques sur l’accord de Paris. Les retards de BHP, si ils devaient se confirmer, pourraient avoir des répercussions sur la crédibilité des engagements climatiques du pays.
L’entreprise, de son côté, assure qu’elle continue d’investir dans la recherche de solutions bas carbone et qu’elle rendra compte de ses progrès dans son rapport annuel. Mais pour l’heure, l’absence d’échéance claire pour le remplacement des camions diesel suscite l’inquiétude des observateurs.