La Commission européenne s’apprête à infliger à Google une amende historique pour violation du Digital Markets Act (DMA), le règlement européen sur les marchés numériques. Le montant de la sanction devrait dépasser les 500 millions d’euros, selon des informations de presse rapportées lundi 25 mai. Cette décision, attendue avant la pause estivale des institutions, constituerait la plus lourde pénalité jamais prononcée par l’Union européenne pour non-respect du DMA.
L’enquête ouverte en mars 2024 visait initialement trois géants américains du numérique : Alphabet (maison mère de Google et YouTube), Apple et Meta. Si Apple et Meta ont déjà été condamnés en avril 2025 – le premier à 500 millions d’euros, le second à 200 millions –, la procédure à l’encontre d’Alphabet avait été prolongée. Bruxelles reproche notamment à Google de favoriser ses propres services dans les résultats de son moteur de recherche, au détriment de ceux des concurrents. Les « clauses anti-steering », qui empêchent les développeurs de communiquer directement avec les utilisateurs d’applications, étaient également dans le collimateur des autorités.
La réponse de Google
Interrogé lundi, un porte-parole de Google a mis en avant les « modifications déjà apportées à Google Search » dans le cadre du DMA. Il a toutefois qualifié ces changements de « plus importante dégradation de l’histoire du produit, créant une expérience de second ordre pour les Européens au profit de quelques plaignants égoïstes ». L’entreprise estime avoir déjà consenti des efforts significatifs pour se conformer à la réglementation européenne.
Contexte et implications
Le DMA, entré en vigueur en 2022, impose aux plateformes désignées comme « contrôleurs d’accès » (gatekeepers) des obligations d’interopérabilité, de transparence et de non-discrimination. Cette nouvelle amende intervient dans un climat politique tendu entre Washington et Bruxelles. Le président américain Donald Trump a déjà dénoncé à plusieurs reprises les sanctions infligées aux entreprises américaines par l’Union européenne, qu’il considère comme une forme de protectionnisme. La décision à venir pourrait donc alimenter les tensions commerciales transatlantiques.
Google n’a pas fait partie du premier round de sanctions d’avril 2025, mais les conclusions de l’enquête menée par la Commission devraient être rendues publiques dans les prochaines semaines. L’amende record, si elle se confirme, marquera une étape importante dans l’application du DMA et enverra un signal fort aux autres géants du numérique.