Un épisode précoce de pollution à l'ozone
Avec la vague de chaleur qui frappe la France depuis le 26 mai, plusieurs régions connaissent un pic de pollution à l'ozone, alertent la fédération Atmo France et l'association Respire. Ce gaz irritant, qui se forme sous l'effet du rayonnement solaire à partir de polluants précurseurs — oxydes d'azote et composés organiques volatils issus du trafic routier, des activités industrielles ou agricoles — dépasse les seuils journaliers de concentration.
Les régions les plus touchées sont l'Île-de-France (au moins jusqu'au 28 mai), le Centre-Val de Loire et l'Auvergne-Rhône-Alpes. Atmo France souligne que « la précocité de ces épisodes, favorisée par les fortes chaleurs observées dès cette fin mai, illustre directement le lien entre changement climatique et qualité de l'air ».
Une « double peine » pour la population
« Les citoyens subissent une double peine intenable : celle de suffoquer sous la chaleur et de s'empoisonner à chaque inspiration », dénonce Karima Delli, présidente de Respire. L'ozone irrite les voies respiratoires : il peut provoquer des difficultés respiratoires, aggraver l'asthme ou d'autres maladies chroniques, en particulier chez les personnes les plus sensibles.
Face à cette situation, Respire recommande de « limiter les activités physiques intenses en extérieur », de « privilégier les déplacements les moins émetteurs » et d'« éviter l'usage de solvants ou de produits fortement émetteurs ».
Des mesures concrètes exigées
L'association demande également des actions des pouvoirs publics : la gratuité des transports en commun dans les régions concernées, la mise en place d'une circulation différenciée pour réduire à la source les émissions de précurseurs d'ozone, et des messages clairs de santé publique. Ces mesures visent à limiter l'exposition de la population et à diminuer la formation du polluant.
Un lien direct avec le dérèglement climatique
Cet épisode, survenant dès la fin du mois de mai, confirme les projections scientifiques liant hausse des températures et dégradation de la qualité de l'air. Plus les canicules sont précoces et fréquentes, plus les pics d'ozone risquent de se multiplier, posant un défi sanitaire et environnemental accru.