Sept décès sont à déplorer depuis le début de la vague de chaleur exceptionnelle qui touche la France. Selon les autorités, deux personnes se sont noyées en Gironde, une dans la Marne, une en Seine-et-Marne et une dans le Maine-et-Loire. Deux autres personnes sont mortes lors d'une pratique sportive à Paris et dans la métropole de Lyon.
L'épisode caniculaire, inédit pour un mois de mai, devrait se poursuivre au moins jusqu'à samedi, voire dimanche, selon les dernières prévisions de Météo France. Les experts de l'organisme de prévisions ont qualifié cet épisode d'historique, avec des niveaux de température jamais atteints en France à cette période. « Nous sommes 10°C au-dessus des normales saisonnières en moyenne du fait d'un anticyclone très solidement installé, c'est une masse d'air difficile à déloger », ont-ils expliqué lors d'un point presse.
Des températures encore en hausse
Dans le Languedoc, le thermomètre pourrait atteindre 38°C, voire 39°C localement dans la journée de jeudi. La vigilance orange canicule sera étendue mercredi à 13 départements de l'ouest. Dès mardi après-midi, en Bretagne notamment, de nombreux records mensuels ont été battus, « effaçant les précédents records d'hier après-midi », selon les prévisionnistes.
La canicule proprement dite pourra être décrétée si cette période de chaleur intense dure au moins trois jours et trois nuits consécutifs, constituant un risque sanitaire pour l'ensemble de la population exposée. Santé publique France a rappelé que 7 500 personnes étaient mortes du fait de la chaleur lors de l'été 2025.
Mobilisation gouvernementale
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, présidera jeudi une réunion interministérielle sur la canicule, afin de faire le point sur la préparation des services de l'État. Dès mardi après-midi, le ministère de la Transition écologique était en cellule de crise pour évoquer les sujets les plus sensibles : les risques d'incendie, l'état des nappes phréatiques, la disponibilité en eau, ainsi que les réseaux d'électricité et de transports. La ministre de la Transition écologique s'est montrée rassurante sur ces points, affirmant qu'il n'y aurait « pas de conséquences négatives ».
Pollution à l'ozone
Cette vague de chaleur précoce devrait se doubler d'un épisode de pollution à l'ozone dans plusieurs régions. La plateforme nationale de prévision de la qualité de l'air Prév'air a alerté mardi sur un dépassement possible du seuil à partir duquel les autorités considèrent que la pollution peut commencer à avoir des effets sur la santé. La ministre a précisé que la situation doit être regardée département par département.
Un dérèglement climatique en marche
« Après les inondations de cet hiver, c'est une des conséquences, encore, du dérèglement climatique », a indiqué la ministre de la Transition écologique. « Nous devons travailler sur ses causes, nos émissions de gaz à effet de serre, et le plan d'électrification présenté ce matin par le président de la République montre qu'on est dans la bonne direction, mais il faut aussi nous adapter », a-t-elle ajouté.
Pour faire face au changement climatique, la France s'est dotée d'une « trajectoire de référence » qui anticipe un réchauffement moyen de 2,7°C en 2050 et de 4°C en 2100 par rapport aux températures moyennes d'avant la révolution industrielle. Concrètement, cela signifie « jusqu'à deux mois de canicule et 40 à 50 nuits tropicales en ville dans le Nord (90 dans les zones les plus exposées dans le Sud) par an », selon le gouvernement.