La guerre en Iran et le blocus du détroit d'Ormuz menacent d'entraîner une grave pénurie de kérosène dans les semaines à venir. Si ces craintes se matérialisent, les passagers pourraient être confrontés à d'importantes perturbations sur les vols cet été. L'Association internationale du transport aérien (IATA) et l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont récemment publié des avertissements à cet effet.

Des surtaxes déjà appliquées par certaines compagnies

La flambée des prix du carburant aéronautique se répercute déjà sur les voyageurs. Plusieurs transporteurs dans le monde ont commencé à transférer une partie de la hausse des coûts sur leurs clients. La compagnie espagnole Volotea a ainsi introduit une surtaxe pouvant atteindre 14 euros (environ 16,50 dollars), prélevée sept jours avant le départ, en fonction de l'évolution du prix du kérosène. Cette clause a été ajoutée à ses conditions générales.

L'organisation de défense des consommateurs espagnole Facua a jugé cette pratique illégale, dénonçant un manque de transparence dans la tarification. Elle a déposé une plainte officielle. « Si cela n'est pas rapidement stoppé, d'autres compagnies aériennes risquent de commettre des violations similaires », a déclaré le président de Facua, Ruben Sanchez.

Annulations de vols et menaces sur les programmes estivaux

Au-delà de la hausse des prix, c'est surtout le spectre d'annulations en cascade qui préoccupe les passagers. En Asie, des pénuries de kérosène ont déjà été signalées. L'IATA prévient qu'un scénario analogue se profile en Europe, alors que la saison estivale des vacances débute.

En prévision d'éventuelles pénuries, plusieurs compagnies ont déjà réduit leurs programmes. La compagnie allemande Lufthansa a ainsi annulé 20 000 vols prévus pour les mois à venir. Cette décision illustre l'ampleur des ajustements en cours dans le secteur.

Les droits des passagers dans l'Union européenne

Dans l'Union européenne, le cadre juridique est défini par le règlement sur les droits des passagers aériens. En cas d'annulation, les passagers ont généralement droit à une indemnisation comprise entre 250 et 600 euros, selon la distance du vol, précise le centre de conseil aux consommateurs de Saxe. Ils peuvent également prétendre à des repas, un hébergement à l'hôtel et un transport alternatif.

Ce règlement s'applique à tous les vols au départ d'un aéroport situé dans l'UE, quelle que soit la compagnie qui les exploite. Pour les vols en provenance d'un pays tiers à destination de l'UE, il ne s'applique que si la compagnie est basée dans l'Union.

Toutefois, aucune indemnisation n'est due si la compagnie informe les passagers de l'annulation au moins deux semaines avant le départ. « Nous nous attendons à ce que les compagnies annulent les vols suffisamment à l'avance pour éviter de devoir verser des indemnités », explique André Duderstaedt, conseiller au sein de l'équipe Mobilité et protection des ressources du centre de conseil aux consommateurs allemand. Cela leur permettrait également d'éviter la question de savoir si la pénurie de kérosène constitue une « circonstance extraordinaire » pouvant les exonérer de toute compensation.

Quelles perspectives pour l'été ?

L'évolution de la situation dépendra de la durée du conflit en Iran et de la levée du blocus du détroit d'Ormuz, par lequel transite une part importante du trafic pétrolier mondial. Les stocks actuels de kérosène sont encore suffisants, mais les experts estiment que des tensions d'approvisionnement pourraient survenir rapidement si le blocus se prolonge. Les voyageurs sont invités à se tenir informés des évolutions et à vérifier les conditions de leurs billets, notamment en ce qui concerne les éventuelles surtaxes et les possibilités d'annulation.