Le point culminant du pèlerinage

Dès l'aube, mardi, des milliers de pèlerins musulmans vêtus de blanc ont gravi la colline rocheuse du mont Arafat, près de La Mecque, pour le rite le plus important du Hajj. Lieu où le prophète Mahomet aurait prononcé son dernier sermon, la montagne de 70 mètres de haut a vu défiler une foule compacte récitant des versets du Coran. Des volontaires distribuaient bouteilles d'eau, parasols et colis alimentaires le long du parcours.

« C'est un sentiment indescriptible », a déclaré Ahmoud Abou Elezz, ingénieur égyptien de 35 ans, qui s'approchait pour la première fois du mont Arafat.

Une affluence record malgré la guerre

Cette année, plus de 1,5 million de personnes ont pris part au Hajj, alors qu'un conflit oppose les États-Unis et Israël à l'Iran, jetant une ombre sur le Moyen-Orient. Téhéran a riposté par des vagues de frappes de drones et de missiles balistiques, touchant des infrastructures majeures dans le Golfe, y compris en Arabie saoudite. Près de 30 000 Iraniens ont effectué le voyage, soit environ un tiers des 86 000 initialement attendus. L'agence de presse d'État iranienne IRNA a expliqué cette baisse par la « situation de guerre ». Malgré le conflit, les autorités saoudiennes ont indiqué que le nombre de pèlerins venus de l'étranger est supérieur à celui de 2024.

Des conditions climatiques extrêmes

Le thermomètre a dépassé les 44 degrés Celsius à La Mecque ces derniers jours, et au mont Arafat les températures approchaient les 40 degrés. Les autorités saoudiennes ont recommandé aux pèlerins de boire abondamment et de se protéger du soleil lors des rites en plein air, qui s'étendent sur cinq jours ou plus. Comme le port du chapeau est interdit aux hommes, beaucoup utilisent des parapluies.

Les prochaines étapes du Hajj

Après la journée au mont Arafat, les pèlerins passeront la nuit à Muzdalifah pour y ramasser des cailloux destinés au rituel symbolique de la « lapidation du diable » à Mina, qui débutera mercredi. Le Hajj, l'un des cinq piliers de l'islam, est obligatoire au moins une fois dans la vie pour tout musulman qui en a les moyens physiques et financiers. Il retrace le parcours du dernier pèlerinage du prophète Mahomet, il y a environ 1 400 ans, et constitue une source majeure de légitimité pour la dynastie des Al Saoud, dont le monarque porte le titre de « Gardien des deux saintes mosquées » de La Mecque et Médine.