Le spectacle «Edith Beale au Reno Sweeney», mis en scène par Pierre Maillet, est présenté dans l’enceinte du célèbre cabaret new-yorkais Reno Sweeney. L’œuvre est une adaptation de «l’Art de la chute» de l’autrice suédoise Sara Stridsberg. Maillet y mêle cabaret et théâtre, plongeant dans l’univers des deux Beale, deux figures emblématiques des années 1970 à New York – la mère Edith et sa fille, surnommée Little Edie – connues pour leur style excentrique et leur vie recluse dans leur manoir de Grey Gardens.

La mise en scène se veut délibérément bancale, jouant sur les codes du cabaret et du théâtre pour créer une atmosphère à la fois intime et décalée. Cependant, la critique souligne que cette ambition formelle finit par étouffer les enjeux de la pièce originale. L’adaptation «transforme l’univers des Beale en une performance volontairement bancale, mais dont l’ambition confuse étouffe les enjeux de la pièce», relève un commentaire.

Pierre Maillet, connu pour ses approches hybrides, avait déjà exploré des frontières entre genres. Avec «Edith Beale au Reno Sweeney», il s’approprie le texte de Stridsberg pour en faire une expérience performative qui interroge la chute, l’effondrement et la résilience, à l’image du destin des Beale. Le choix du cabaret Reno Sweeney, haut lieu de la scène underground des années 1970 à New York, ancre la pièce dans une mémoire culturelle forte.

Les Beale, immortalisées par le documentaire culte «Grey Gardens» de 1975, incarnent une certaine décadence aristocratique américaine. Le spectacle met en lumière leur relation complexe, mais certains spectateurs regrettent que le parti pris esthétique prenne le pas sur la profondeur dramatique.

En définitive, «Edith Beale au Reno Sweeney» est une proposition audacieuse qui divise. Sa réussite tient peut-être à sa capacité à déstabiliser, mais l’équilibre entre cabaret et théâtre semble encore à trouver pour que l’œuvre de Stridsberg déploie toute sa puissance.